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Énergie

Total se retire partiellement de ses projets de forages au large de l’Amazonie

  • Actualisation mardi 8 septembre — Dans un communiqué, le groupe Total a annoncé, lundi 7 septembre, « se retirer de son rôle d’opérateur » pour cinq blocs d’exploration pétrolière situés dans le bassin de l’embouchure de l’Amazone (appelé Foz do Amazonas ou récif de l’Amazone), à 120 kilomètres au large du Brésil.
    Total a fait cette annonce après que l’ONG Greenpeace l’a accusé, le 4 septembre dernier (voir ci-dessous), de relancer « en toute discrétion » le processus d’acquisition des licences environnementales pour forer près du récif de l’Amazone. « Cela ne signifie évidemment pas du tout que Total abandonne le projet », a réagi Greenpeace sur Twitter qui ajoute que le groupe « garde ses parts comme actionnaire du projet (40%) ».

  • Brève du lundi 7 septembre 2020

Total relance ses projets de forages au large de l’Amazonie

D’après Greenpeace, la compagnie pétrolière Total miserait sur Bolsonaro pour relancer ses projets de forages au large du Brésil.

« En toute discrétion, et malgré une mobilisation mondiale contre ce projet, le pétrolier Total relance le processus d’acquisition des licences environnementales pour forer près du récif de l’Amazone, un écosystème unique et vulnérable, encore méconnu », a indiqué l’ONG dans un communiqué, vendredi 4 septembre.

Cette information a été rapportée le 2 septembre par le média brésilien epbr, sans communication de la part de Total. La multinationale française aurait ainsi lancé une nouvelle procédure d’autorisation environnementale pour le forage de sept puits exploratoires dans le bassin du Récif de l’Amazone.

L’agence environnementale brésilienne Ibama avait pourtant rejeté ce projet en décembre 2018, en raison d’un trop grand nombre de problèmes techniques et de risques environnementaux, notamment un manque de garanties apportées par le pétrolier en cas d’accident ou de marée noire, s’inquiétant des risques pour le récif de l’Amazone et la biodiversité marine. Cette marée noire aurait de plus un impact direct sur les côtes françaises de Guyane.

Le pétrolier aurait décidé de passer outre et de relancer son projet, « dans un contexte qui lui est dangereusement favorable », a dénoncé Greenpeace : « Le Brésil est désormais dirigé par Jair Bolsonaro, président d’extrême-droite, climatosceptique notoire qui a, entre autres, grandement affaibli les mandats et l’autorité de l’agence environnementale Ibama, et allégé le processus d’acquisition des licences environnementales. »

L’obstination de Total pour ce projet ne fait que confirmer le cynisme de cette entreprise et de son PDG, Patrick Pouyanné. D’un côté, Total communique à tout-va avec des annonces soi-disant en faveur du climat et des investissements en réalité minoritaires dans les énergies renouvelables ; de l’autre, Total cherche à tirer profit de la complaisance de dirigeants climatosceptiques pour relancer en catimini des projets climaticides et destructeurs pour la biodiversité.
Edina Ifticène, chargée de campagne pétrole chez Greenpeace France.

  • Photo : © Peter Baelen/Greenpeace. Photo prise lors d’une expédition de Greenpeace en 2019 au large de la Guyane.

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