Tri des déchets : les salariés largement exposés à des risques affectant leur santé
Des employés d'un centre de tri de déchets en plastique à Saint-Denis-de-Pile (Gironde), en 2024. - © Thibaud Moritz / AFP
Des employés d'un centre de tri de déchets en plastique à Saint-Denis-de-Pile (Gironde), en 2024. - © Thibaud Moritz / AFP
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Micro-organismes, produits chimiques, bruit, contraintes de cadence, mécanisation… Les professionnels qui travaillent dans les centres de tri des emballages en plastique, carton ou métal font face à des risques multiples pouvant affecter leur santé, alerte l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans une expertise de mars, dévoilée le 22 avril. Ils sont aujourd’hui plus de 10 000 et la filière devrait continuer à se développer.
Les risques sont variés, et commencent avec ce qui est jeté dans les poubelles. Les résidus de nourriture sur les contenants alimentaires peuvent exposer les travailleurs à des « agents biologiques dangereux », particulièrement en conditions chaudes et humides. D’autant que les déchets ne sont pas toujours traités rapidement, ce qui favorise le développement de micro-organismes parfois pathogènes. « Ce risque pourrait augmenter avec le dérèglement climatique et la hausse des températures », indique également l’Anses.
Par ailleurs, « les travailleurs sont plus exposés que la population générale aux maladies transmissibles par les rats, attirés par les centres de tri ». Des « substances chimiques dangereuses » issues par exemple de composés organiques volatils peuvent également affecter les salariés. Les batteries au lithium, les bonbonnes d’aérosols ou les cartouches de protoxyde d’azote jetées avec les emballages en plastique et papier peuvent quant à elles déclencher des explosions ou des départs de feu. Même si aujourd’hui les centres de tri sont de plus en plus automatisés, des trieurs interviennent encore en partie à la main. Pour protéger leur santé, l’Anses appelle à respecter les consignes de tri.
Effets respiratoires, maladies infectieuses...
Au-delà des déchets pouvant être néfastes pour la santé, les professionnels des centres de tri font face à des conditions de travail contraignantes : bruit, vibrations, gestes répétitifs, postures pénibles ou encore contraintes de rythme. Cette « polyexposition » peut amener à des troubles musculosquelettiques, des effets respiratoires, des troubles digestifs et des maladies infectieuses.
Pour limiter ces effets, l’Anses souligne la nécessité d’accompagner la polyvalence des métiers, de renforcer le suivi individuel des salariés et de mener des études supplémentaires pour pouvoir mettre en œuvre des stratégies de prévention adaptées.