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Un orang-outan fabrique sa propre pommade, du jamais-vu

L'orang-outan a utilisé le jus d'une liane pour fabriquer une pommade, puis les feuilles comme pansement.

Les humains ne sont pas les seuls à savoir fabriquer des pansements. Des chercheurs allemands ont annoncé jeudi 2 mai, dans la revue Nature Scientific Reports, avoir observé un orang-outan s’appliquer une plante médicinale sur une plaie. Un comportement jusqu’ici encore jamais observé.

Primatologue à l’Institut Max-Planck de Constance (Allemagne), Isabelle Laumer détaille le récit de cette observation, survenue le 22 juin 2022, à Sumatra, en Indonésie. Baptisé Rakus, un spécimen présentait une blessure sur la joue. Pour cause, le grand singe se battait régulièrement avec d’autres mâles pour tenter de gravir la hiérarchie.

Une idée venue de « notre dernier ancêtre commun » ?

Plusieurs jours durant, la scientifique et son équipe ont alors constaté que Rakus mâchait de l’akar badi, une liane présente dans seulement 0,3% des 390 000 repas que les chercheurs avaient enregistré. Toutefois, l’orang-outan ne la mangeait pas : il se contentait d’en extraire le jus et de l’appliquer sur sa plaie avec ses doigts. Puis, à l’aide de la pâte mâchée, il recouvrait le tout pour créer une sorte de pansement.

Au bout de huit jours, la plaie était refermée et, un mois plus tard, elle avait complètement guéri. Pas surprenant lorsqu’on sait que cette plante est utilisée localement en médecine traditionnelle, pour ses vertus antidouleur et antifièvre. Toutefois, une question demeure : comment a-t-il eu cette idée ? Les auteurs supposent « que notre dernier ancêtre commun présentait déjà des formes similaires d’application de pommade ». D’autres grands singes d’Afrique ou d’Asie utilisent ces techniques.

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