Un paysan refusant le vaccin obligatoire met fin à ses jours

Durée de lecture : 3 minutes

6 avril 2010

Jean-Luc Tournaire, un éleveur bio, refusait la vaccination obligatoire de ses bêtes contre la maladie de la langue bleue. Il s’est suicidé le 26 mars. Un de ses amis témoigne.


A Jean Luc Tournaire

Il faisait parti de ces hommes qui refusent les valeurs d’une société dirigé par l’argent, l’hypocrisie et la connerie. Une société qui met au second plan les valeurs humaines et la nature.

Il y a plus de trente ans, Jean Luc a quitté la région parisienne avec Françoise pour s’installer au Bousquet, un petit village de quelques dizaines d’habitants perché à 1100 m d’altitude dans les Pyrénées.

Il a vécu et parfois survécu avec dans le massif de Madre avec ses vaches, ses veaux, ses chevaux (appaloosa), la terre, les randonnés…… pour vivre la nature avec Françoise, sylvain, Bertrand et Mélanie.

La culture bio, l’homéopathie, étaient une approche naturelle de sa vie. Avec Françoise, ils ont produit de la viande bio bien avant les labels. Certains d’entre nous avons eu la chance de commander les colis de veaux-broutard.

Jean-Luc était fort et fragile à la fois. Fort de vivre dans des conditions rudes, fort d’essayer de vivre en accord avec ses convictions, il aimait la vie et essayait de la vivre.

Ces derniers mois, il a refusé de céder aux pressions de l’administration qui lui demandait au mépris de toutes ses valeurs de vacciner ses bêtes contre la fièvre catarrhale. La gendarmerie laquais du capital l’a convoqué pour lui donner l’ordre de vacciner ses bêtes et le menacer s’il n’obtempérait pas de lui infliger une amende par tête de bétail et l’interdiction d’envoyer ses bêtes en estive sur le massif de Madre qui se trouve en face de sa fenêtre.

Trop dur ! Cela faisait des mois qu’il luttait contre cette obligation de vacciner. Cette injonction infernale contre ses convictions a eu raison de lui, Il n’a pas supporté. Jean-Luc s’est tiré une balle dans la tête ce vendredi 26 mars au matin.

Le business s’empare de tout, des valeurs humaines, de la sauvegarde de la planète, développement durable, de l’école …. Quel cynisme !!!

Jean Luc faisait partie de ces hommes qui refusent le compromis.

Jean Luc : La vie, l’administration t’a broyé !

Jean Luc, je respecte ton dernier acte dévastateur mais je ne suis pas d’accord.

Tu nous laisses bien seul.

Même si ton acte nous déstabilise, il faut continuer à ramer même lorsque le bateau recule face à une vague trop forte. Dimanche dernier, Françoise m’a dit que tu déprimais face aux coups que tu recevais, je lui ai répondu que je ne savais pas quoi dire, que faire. J’étais démuni. Cette semaine je me suis réveillé en pensant à toi, je me suis dit, il faut que j’appelle, je voulais te dire de continuer à ramer mais en baissant le rythme, afin de t’épargner une peu. Je voulais te dire de laisser le bateau reculer et d’attendre que ta tempête se calme. Je ne l’ai pas fait, les occupations de la vie m’ont embarqué et aujourd’hui je me dis que j’ai eu tort de me laisser envahir, prendre le temps et délaisser les amis, les amours.

Jean Luc tu restes dans ma mémoire,

« Tu aurais pu vivre encore un peu pour notre bonheur pour notre lumière avec ton sourire, ton esprit ouvert ton air généreux.

Tu aurais pu vivre encore un peu mon fidèle ami, mon copain, mon frère au lieu de partir tout seul en croisière et de nous laisser comme des chiens galeux. »




Source : http://www.journarles.org/spip.php?...

Lire aussi : L’Etat, le paysan, et le moucheron http://www.reporterre.net/spip.php?...

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