Un tiers des oiseaux tropicaux a disparu avec le changement climatique
Près de la moitié des espèces d'oiseaux vivent dans les régions tropicales. - Pxhere / CC
Près de la moitié des espèces d'oiseaux vivent dans les régions tropicales. - Pxhere / CC
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Les températures extrêmes attribuables au changement climatique ont entraîné une réduction moyenne de 25 à 38 % des populations d’oiseaux tropicaux depuis 1950, d’après une étude publiée le 11 août dans la revue Nature Ecology & Evolution. Ces résultats suggèrent que le changement climatique menace d’ores et déjà grandement les populations d’oiseaux vivant dans ces régions, même en l’absence d’autres pressions humaines (déforestation, artificialisation des terres…).
Ils sont d’autant plus préoccupants que près de la moitié de toutes les espèces d’oiseaux vivent dans les régions tropicales, où la température frôle déjà leurs limites de tolérance thermique.
Afin d’évaluer les effets du changement climatique d’origine humaine sur ces populations, les auteurs de cette étude ont analysé les données issues d’un suivi de plus de 3 000 populations d’oiseaux dans le monde entre 1950 et 2020. En tout, ils se sont penchés sur plus de 90 000 observations.
Ils ont ensuite utilisé des modèles statistiques pour isoler les effets des phénomènes climatiques extrêmes des autres facteurs pouvant affecter la santé de ces populations. Ils ont constaté que l’exposition à des chaleurs extrêmes était fortement associée à une réduction de l’abondance des oiseaux, en particulier dans les régions tropicales.
Sous les tropiques, les effets du changement climatique ont généralement été « plus importants » que ceux en lien avec d’autres pressions humaines. Le contraire a été observé dans les régions subtropicales. « Dans l’ensemble, écrivent les scientifiques, ces résultats montrent que le changement climatique induit par les humains est déjà en train de remodeler la biodiversité à l’échelle mondiale et pourrait expliquer le déclin signalé des populations d’oiseaux dans les habitats tropicaux non perturbés. »