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En bref — Climat

Une extrême sécheresse hivernale affecte l’Espagne et le Portugal

À cause du manque d'eau, le Portugal a dû interrompre la production hydroélectrique de cinq barrages.

L’Espagne et le Portugal subissent un épisode de sécheresse extrême en plein hiver. Dans la péninsule ibérique, le mois de janvier a été le deuxième le plus sec enregistré depuis l’an 2000, selon les agences météorologiques locales. En Espagne, « en janvier, il n’a plu que le quart de ce qu’il aurait dû pleuvoir à cette période », a expliqué à l’Agence France Presse (AFP) Ruben del Campo, porte-parole de l’AEMET, l’agence météorologique espagnole. En résulte une sécheresse exceptionnelle par « son intensité, son ampleur et sa durée », comme l’a indiqué le climatologue de l’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère (IPMA) Ricardo Deus.

En Espagne, les niveaux des réservoirs d’eau, dont dépendent notamment les agriculteurs, se situent à moins de 45 % de leur capacité. En Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, la retenue du barrage d’Alto Lindo est quasiment à sec, ce qui a permis de redécouvrir l’ancien village d’Aceredo, englouti par le réservoir en 1992.

Pour préserver l’approvisionnement public en eau, le Portugal, un pays où 30 % de l’énergie est d’origine hydraulique, a dû annoncer la suspension de la production hydroélectrique de cinq barrages. Là encore, les ruines du village de Vilar, dans le nord-ouest du pays, englouties depuis 1954, ont réapparu depuis que la rivière Zezêre s’est asséchée.

Filipe Duarte Santos, chercheur à la faculté de sciences de Lisbonne interrogé par l’AFP, observe une baisse globale du pourcentage d’années pluvieuses ces dernières années. Pour lui, ces sécheresses sont « l’une des conséquences les plus graves du changement climatique » et ne se résoudront pas sans une diminution forte des émissions globales de gaz à effet de serre.

Selon le docteur en agroclimatologie Serge Zaka, actif sur les réseaux sociaux, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours.

En France, comme l’écrivait Reporterre le 4 février, le début d’année a également été très sec. Depuis le 11 janvier, la pluie manque à l’appel sur la majeure partie du pays. « Sur l’ensemble du mois, le déficit pluviométrique devrait s’établir à 45 % », lit-on sur La Chaîne Météo. Il a pu atteindre 100 % dans le sud-est de la France. La situation est particulièrement critique en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), où a été enregistré un déficit de précipitations de 91,2 % et un cumul de pluie de 6,3 millimètres (mm), contre 71,3 mm en moyenne.

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