Une radio épinglée pour climatoscepticisme : une première en France
La mise en garde fait suite à un entretien de l'animateur de Sud Radio André Bercoff avec le physicien climatosceptique François Gervais. - X/Sud Radio
La mise en garde fait suite à un entretien de l'animateur de Sud Radio André Bercoff avec le physicien climatosceptique François Gervais. - X/Sud Radio
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Jamais le gendarme de l’audiovisuel n’avait pris une telle décision. Le 25 juin, l’Arcom a dévoilé avoir adressé une « mise en garde » à Sud Radio. Le motif ? La diffusion de propos climatosceptiques à l’antenne, le 7 décembre 2023, au cœur de la COP28 à Dubaï.
Décrit comme « friand des thèses climatosceptiques et complotistes » par Libération, l’animateur André Bercoff recevait ce jour-là le physicien François Gervais. Auteur de L’Urgence climatique est un leurre (éd. L’artilleur, 2020), l’invité a notamment assuré que l’actuel changement du climat serait induit par des cycles naturels : « Tous les à peu près 100 000 ans, il y a une période très froide suivie d’une période plus chaude. Nous sommes au sommet de la période plus chaude. Il faut s’en féliciter ! »
Une déclaration erronée, que n’importe quel scientifique du Giec [1] aurait pu démentir, en précisant que le rythme actuel du réchauffement est bien plus rapide que lors de toutes les périodes chaudes précédentes. Problème : aucun expert qualifié pour apporter une contradiction n’avait été convié à l’émission « Bercoff dans tous ses états ».
Sur LinkedIn, QuotaClimat, l’association à l’origine de la saisie de l’Arcom, a félicité cet avertissement inédit : « C’est une première étape indispensable pour réguler la qualité de l’information environnementale dans l’audiovisuel français, et aujourd’hui : nous l’avons franchie ! » Elle alerte en outre que 75 % des Français estiment encore que l’on entend tout et son contraire sur l’écologie, ou encore que 39 % doutent du caractère anthropique du changement climatique. Un chiffre en hausse.