Usage massif de gaz lacrymogène sur le Pont de Sully : plus de cinq litres de gaz ont été aspergés en moins de 30 minutes
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Médiapart a révélé un rapport interne de la police qui démontre « l’usage massif de gaz lacrymogène » à l’encontre des militants écologistes d’Extinction Rebellion qui occupaient le 28 juin 2019 le Pont de Sully avant d’en être délogés.
Lors de l’évacuation, alors même que les militants étaient pacifistes, plus de cinq litres de gaz ont été aspergés en moins de 30 minutes. Le commandant des CRS chargé des opérations a lui-même perdu « connaissance par suffocation de gaz lacrymogène ».
La violence de l’opération a été critiquée au sein des forces de l’ordre. Un policier s’est ainsi confié au journal. « Deux minutes seulement après les dernières sommations, les gazeuses sont déjà utilisées. C’est très très court, surtout face à des manifestants assis qui ne représentent aucune menace, explique-t-il. D’autant que ces gazeuses sont utilisées à quelques centimètres du visage. La hiérarchie CRS n’a pas fait preuve de discernement. Ce qui ne doit évidemment pas se faire. À une distance de cinq mètres, votre cible est déjà largement incommodée. C’est massif, pas déontologique et disproportionné. »
Les avocats du mouvement ont saisi le défenseur des droits afin qu’une enquête soit faite sur l’usage des gaz lacrymogènes par les CRS. Ils ont également saisi deux rapporteurs spéciaux des Nations unies, estimant que le droit de réunion pacifique et d’association est menacé. En parallèle, une enquête a été confiée à l’IGPN par le parquet de Paris pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».
- Source : Médiapart
- Photo : Gilles Potte (Reporterre)