VIDÉO - Se passer des pesticides chimiques, grâce aux « préparations naturelles peu préoccupantes »

Durée de lecture : 3 minutes

24 février 2020 / Fanny Laemmel (Reporterre)

Le purin d’ortie est peut-être la « préparation naturelle peu préoccupante » la plus connue. Obtenues par décoction, tisane ou encore fermentation, de multiples recettes existent pour prendre soin des cultures et les traiter sans recourir aux pesticides. Pourtant, la loi les encadre mal.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de purin d’ortie, cet engrais naturel qui protège aussi votre potager des parasites. Cette préparation s’ajoute à bien d’autres encore à base de végétaux, mais aussi d’autres substances comme du vinaigre, de l’argile ou de la bouse de vache. Alors que se déroule le Salon de l’agriculture, à Paris, nous avons choisi de vous parler des « préparations naturelles peu préoccupantes », ou PNPP.

Ce terme regroupe les substances naturelles qui permettent d’aider les plantes à se défendre contre les maladies ou les insectes. Ce peut être des tisanes, des décoctions, ou des huiles essentielles. Ces préparations sont une alternative aux pesticides et elles n’ont pas d’effet négatif sur la santé ou l’environnement.


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Alors que le gouvernement a comme projet de réduire l’usage de pesticides de 50 % d’ici 2025, il ne facilite pourtant pas l’usage de ces substances naturelles.

Des associations comme la Confédération paysanne et Aspro-PNPP militent pour une reconnaissance de ces savoir-faire paysans. Pour le moment, seule une petite partie de ces plantes et autres substances naturelles sont autorisées comme biostimulants mais la loi est encore trop éloignée de la pratique des agriculteurs. Les évaluations demandées ne sont pas adaptées (elles ont été conçues pour les pesticides) et sont trop coûteuses pour ces PNPP, qui font partie du domaine public.

Quelques PNPP et leurs usages

  • L’ortie : sous forme d’extrait fermenté, on l’utilise notamment comme un engrais et comme fongicide ;
  • L’achillée millefeuille : en infusion de feuilles fraîches, on en pulvérise les végétaux pour lutter contre la rouille, l’oïdium ou la tavelure ; en décoction, on l’utilise pure pour arroser le compost et activer la décomposition ;
  • L’origan : en infusion, on la pulvérise sur les végétaux en début de saison en guise de biostimulant et pour les réchauffer quand il fait froid ;
  • La consoude : sous forme d’extrait fermenté, on arrose le pied des plantes pour favoriser l’activité microbienne des sols et limiter les dégâts liés aux champignons.

Quelques conseils de Corinne Diemunsch, agricultrice et utilisatrice de préparations à base de plantes :

Pour stimuler une plante, on pulvérise le feuillage le matin et on arrose au pied le soir.
Pour traiter contre les insectes, on pulvérise le feuillage le soir et pour traiter contre les maladies on pulvérise quand on veut, sauf en cas de forte chaleur (tôt le matin ou en fin d’après-midi dans ce cas).
L’extrait de plante est toujours à utiliser en dilution :
-* à 5 % soit 1 litre pour 20 litres d’eau
-* à 10 % soit 2 litres pour 20 litres d’eau.
Après récolte, on peut pulvériser un mélange d’extrait d’orties et de consoudes pour aider la plante à faire ses réserves. »



Lire aussi : La tisane plus dangereuse que les pesticides ? Une caravane proteste contre la bêtise

Source et vidéo : Fanny Laemmel pour Reporterre
. Photo de Une. © Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique


Cet article a été rédigé dans le cadre du projet de Reporterre « Pollutions et santé : toutes et tous informés », soutenu par la Fondation Léa Nature, affiliée au réseau 1 % for the Planet.

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