12 espèces de champignons menacées d’extinction en France
Parmi les espèces menacées, le Lactarius salicis-reticulatae. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Jerzy Opioła
Parmi les espèces menacées, le Lactarius salicis-reticulatae. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Jerzy Opioła
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Pourra-t-on encore longtemps cueillir des champignons ? La question se pose à la lecture de la liste rouge des espèces menacées en France, consacrée pour la première fois aux espèces du groupe Fungi. Parmi les 319 espèces étudiées sur le territoire métropolitain, « 12 espèces sont menacées comme le Bolet rubis, le Lactaire des saules réticulés et le Tricholome équestre des chênes, tandis que 16 autres apparaissent quasi menacées ».
Ces résultats sont le fruit d’analyses coordonnées par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Les chercheurs se sont concentrés sur trois groupes de champignons à chapeau : les bolets, les lactaires et les tricholomes.
« Les principales menaces pour ces espèces sont la destruction et la dégradation de leurs habitats naturels, incluant la sylviculture intensive avec l’abattage des vieux arbres et les coupes rases, la conversion de certaines forêts en terres agricoles, ainsi que l’urbanisation et les aménagements touristiques en montagne », précise le communiqué de l’UICN. Le changement climatique représente une autre grande menace, asséchant l’habitat des espèces de milieux frais et humides ou augmentant la fréquence des tempêtes, des sécheresses et des incendies. Sans oublier l’épandage d’engrais ou de fongicides.
L’état des lieux révèle également un manque d’informations pour 25 % des champignons évalués. Ainsi, « si seuls 3,8 % des champignons apparaissent aujourd’hui menacés, ce pourcentage devrait augmenter lorsque les connaissances auront progressé ».
« Aucune espèce de champignons ne fait à ce jour l’objet d’un programme de conservation dédié ou de mesures spécifiques de protection », regrette également l’UICN. Ces êtres vivants originaux — ni végétaux ni animaux — constituent pourtant des éléments essentiels à la vie de nos écosystèmes.