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Reportage — Législatives

Au QG d’Ensemble, la déception et le vide

La Première ministre Élisabeth Borne au QG de Renaissance, le 12 juin 2022.

Le QG de la macronie était vide de militants le 12 juin, au soir du premier tour des législatives. Malgré les résultats décevants, la Première ministre Élisabeth Borne a réaffirmé la combativité du parti présidentiel, et renvoyé dos à dos le RN et la Nupes.

Paris, reportage

« Avec vous. » Jamais slogan électoral n’a aussi mal porté son nom : dimanche 12 juin, au QG de Renaissance (ex-La République en marche), les militants du parti présidentiel n’ont pas été conviés pour vivre la soirée du premier tour des législatives. Ils étaient « mobilisés dans les circonscriptions », selon un agent de sécurité. Ce sont donc les nombreux journalistes venus couvrir l’événement dans le VIIIe arrondissement de Paris qui ont, dans une ambiance très curieuse, assisté à la diffusion des premiers résultats à 20 heures. La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) est au coude-à-coude avec la coalition formée autour d’Emmanuel Macron, Ensemble ! (Renaissance, MoDem, Horizons). L’union de la gauche portée par Jean-Luc Mélenchon a obtenu 25,66 % des voix, selon les derniers résultats, et 25,77 % des voix pour Ensemble !, selon les résultats entendus dans le QG [1].

C’est près d’une heure plus tard que la Première ministre Élisabeth Borne est finalement apparue, le temps d’un bref discours. Alors qu’il n’est pas assuré que la majorité présidentielle obtienne la majorité absolue (289 sièges), comme cela avait été le cas en 2017, et que plusieurs figures macronistes ont soit été éliminées (Jean-Michel Blanquer), soit obtenu des résultats décevants (Amélie de Montchalin, Clément Beaune, Stanislas Guérini), elle a tenté de faire bonne figure, en évoquant une « présence massive de candidats Ensemble ! au second tour ». Appelant à lutter contre l’abstention (52,49 % pour ce premier tour, un record sous la Ve République), celle qui s’est qualifiée au second tour dans le Calvados a ensuite ramené dos à dos le Rassemblement national, parti d’extrême droite, et la Nupes, l’alliance de la gauche.

« Face aux extrêmes, nous seuls portons un projet de cohérence, de clarté et de responsabilité. [...] Nous sommes la seule force politique en mesure d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale », a-t-elle notamment déclaré, évoquant « une confusion inédite entre les deux extrêmes ». Des éléments de langage rappelant ceux employés par la majorité présidentielle ces derniers jours, Emmanuel Macron et ses proches n’ayant pas retenu leurs coups, voire des fausses informations, comme l’a relaté Libération contre Jean-Luc Mélenchon à l’approche du scrutin.

Quelques minutes plus tard, Stanislas Guérini, délégué général de Renaissance, a tenu des propos similaires, assurant que « pas une voix ne doit aller aux extrêmes ». Interrogé sur ce que ferait la majorité présidentielle dans le cas où, dans une circonscription, le second tour opposerait un candidat d’extrême droite à un adversaire de la Nupes, il a affirmé que les consignes de vote se feraient « au cas par cas », avant d’ajouter que « bien entendu, [ils] ne soutiendraient pas un candidat du Rassemblement national ». L’actuel ministre de la Transformation publique est ensuite reparti aussi vite qu’il est venu, imitant la Première ministre : à la fin de son allocution, alors qu’une journaliste lui lançait qu’on « sentait une fébrilité du côté de la majorité », Élisabeth Borne s’est contentée de sortir de la pièce sans dire un mot.

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