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Avec la pollution de l’air, des insectes s’accouplent avec la mauvaise espèce

La mouche du vinaigre (Drosophila melanogaster) est notamment concernée.

La pollution de l’air peut pousser des insectes à se reproduire avec des individus de la mauvaise espèce, montre une étude publiée le 11 avril dans la revue scientifique Nature Communications.

Ses auteurs ont exposé quatre espèces de drosophiles différentes — Drosophila melanogaster, Drosophila simulans, Drosophila sechellia, Drosophila mauritiana — à des niveaux élevés d’ozone. Ce polluant se forme lorsque les émissions des véhicules réagissent avec d’autres gaz présents dans l’air, notamment sous l’effet de la chaleur et du soleil. Les niveaux d’ozone auxquels ces insectes ont été exposés sont comparables à ceux rencontrés en ville lors d’une journée d’été.

Une étude, publiée en mars 2023, avait déjà montré que l’ozone pouvait oxyder les phéromones mâles de certains insectes, et ainsi perturber leur communication sexuelle. Les scientifiques à l’origine de cette nouvelle étude ont voulu savoir si ce polluant pouvait également affecter la capacité des insectes à différencier les espèces entre elles.

Ils ont observé que, suite à leur exposition à l’ozone, les femelles drosophiles avaient plus de mal à choisir un mâle appartenant à la même espèce qu’elles pour se reproduire. Les femelles exposées à ce polluant pendant deux heures ont enfanté des « hybrides » dans environ 70 % des cas ; à titre de comparaison, seulement 20 % de la progéniture du groupe contrôlé (exposé à de l’air non vicié) était issu d’une hybridation.

Ce phénomène pourrait avoir des conséquences en cascade sur les populations locales de certains insectes. Les « hybrides » sont en effet très souvent stériles. La pollution à l’ozone pourrait donc exacerber le déclin dramatique des insectes à travers le monde, a expliqué l’un des auteurs de cette étude, Markus Knaden, au média étasunien New Scientist.

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