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Monde

Brésil : un adolescent indigène assassiné en bordure d’une réserve

Erisvan Guajajara, 15 ans, a été retrouvé mort — poignardé — vendredi 13 décembre, en bordure d’une réserve indigène fortement déboisée dans l’État de Maranhão, en Amazonie brésilienne. C’est le dixième meurtre d’autochtone enregistré cette année, et le quatrième issu de la même tribu en six semaines dans la région.

Le corps d’Erisvan a été retrouvé dans un terrain de football de la ville d’Amarante, dans l’État de Maranhão (région du Nordeste), à environ 700 km de São Luis, la capitale de l’État.

Les assassinats d’autochtones ont augmenté de 23 % en 2018, d’après le Conseil missionnaire indigène (Cimi), et les invasions de leurs terres ont augmenté depuis que le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a pris ses fonctions en janvier. Il a comparé les peuples autochtones vivant dans les réserves à des « hommes préhistoriques » et a déclaré que leurs terres devraient être développées.

Le 7 décembre, deux dirigeants de Guajajara, Firmino Silvino Guajajara et Raimundo Bernice Guajajara, avaient été tués, pas très loin de là, par des assassins qui ont tiré sur eux d’une voiture.

2019 : année la plus meurtrière du pays pour les dirigeants autochtones depuis vingt ans

En novembre dernier, Paulo Paulino Guajajara, membre du Groupe des gardes forestiers autochtones, a également été assassiné. Ce groupe réuni environ 120 Guajajara indigènes qui risquent leur vie pour combattre les bûcherons illégaux et pour protéger les Awá isolés, dans la réserve indigène d’Arariboia, l’un des territoires indigènes les plus menacés du pays, où vivaient Paulo Paulino et Erisvan.

Sonia Guajajara, coordinatrice de l’Articulation des Peuples indigènes du Brésil (Apib), qui était récemment à Paris pour demander le soutien du gouvernement français, a dénoncé un « contexte de guerre (...) encouragé par la haine et la politique fasciste » du gouvernement du président Jair Bolsonaro.

Selon une ONG liée à l’Église catholique, sept dirigeants autochtones ont été assassinés en décembre 2019, ce qui en fait l’année la plus meurtrière du pays pour les dirigeants autochtones depuis vingt ans. Les dirigeants autochtones demandent des mesures pour mettre fin à la violence croissante contre les peuples autochtones.

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