Cancers pédiatriques et pesticides interdits : des exploitations agricoles ont été perquisitionnées
Ce territoire où les champs céréaliers sont nombreux abrite un foyer épidémique de cancers pédiatriques (photo d'illustration). - Pixabay
Ce territoire où les champs céréaliers sont nombreux abrite un foyer épidémique de cancers pédiatriques (photo d'illustration). - Pixabay
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L’opération a été lancée à l’aube. Le 31 mars, à 6 h 45, une quarantaine de gendarmes ont perquisitionné une dizaine d’exploitations agricoles de la plaine d’Aunis, en Charente-Maritime. D’après le parquet de La Rochelle, contacté par la cellule d’investigation de Radio France, l’objectif était d’identifier des traces d’utilisation de pesticides interdits.
L’affaire en question a pris un tournant il y a un an et demi. Dans ce territoire où des champs céréaliers s’étendent à perte de vue, un foyer épidémique de cancers pédiatriques a poussé les parents à analyser les cheveux et l’urine de 72 enfants. Résultat : en octobre 2024, quatorze pesticides interdits dans les cultures y ont été détectés. Parmi eux, figurait l’acétamipride, néonicotinoïde interdit depuis 2018 que le projet de loi Duplomb ô combien contesté entendait autoriser à nouveau.
Saisie de bidons et prélèvements d’échantillons
« On a une corrélation entre la proximité des enfants avec les cultures et le taux. Plus ils sont près des exploitations, plus ils en ont, estimait alors auprès de Reporterre la toxicologue Laurence Huc. Le fait qu’on en retrouve dans les urines révèle une exposition aiguë, et l’hypothèse privilégiée est qu’il est encore utilisé. » Deux associations écologistes locales avaient dès lors déposé plainte, et le parquet de La Rochelle avait ouvert une enquête en 2025.
Le matin du 31 mars, les enquêteurs ont donc inspecté les lieux de stockage des produits toxiques, saisi différents bidons et prélevé des échantillons de sols et de cultures, précise la cellule d’investigation. Des agents de l’Office central de la lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) étaient mobilisés. Aucune information sur les résultats obtenus n’a pour le moment été communiquée.