Centrale électrique en Guyane : les Kali’na portent plainte devant l’ONU
Ces jeunes Guyanais combattent, en première ligne pour certains, le projet Ceog qui menace une forêt qui leur est vitale et sacrée. Ici à Paris, le 16 octobre 2023. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
Ces jeunes Guyanais combattent, en première ligne pour certains, le projet Ceog qui menace une forêt qui leur est vitale et sacrée. Ici à Paris, le 16 octobre 2023. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
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Contre le chantier de la centrale électrique de l’Ouest guyanais (Ceog) qui détruit leur lieu de vie, les habitants de Prospérité, membres du peuple Kali’na, tentent un nouveau recours. Vendredi 15 mars, l’Organisation des nations autochtones de Guyane française (Onag) et l’International Service for Humain Rights (ISHR), à la demande du chef coutumier de Prospérité Roland Sjabere, ont déposé un recours auprès du comité pour l’élimination de la discrimination des Nations unies à Genève. Ils réclament l’arrêt immédiat des travaux et le déplacement du projet hors des terres de la communauté. Le Comité tiendra sa session du 8 au 26 avril.
Depuis 2019, les habitants se mobilisent contre le projet, qui nécessite le déboisement de plus de 70 hectares de la forêt où elle pratique la chasse, la pêche et la cueillette. « En Guyane, les besoins et les traditions des peuples autochtones continuent d’être des questions secondaires pour les autorités, dénonce Roland Sjabere. En persistant dans ce projet sous cette forme et à cet emplacement, la République française foule du pied notre identité et met en péril notre mode de vie et l’avenir de nos peuples. »
Pour l’heure, tous leurs recours juridiques contre le projet ont été classés sans suite, rappelle l’ISHR. Les mobilisations de terrain sont fortement réprimées. En octobre 2022, Roland Sjabere était arrêté, menotté et placé en garde à vue. Un mois plus tard, l’occupation pacifique du chantier par plus de 200 personnes s’était soldée par des dizaines d’arrestations. Depuis la reprise des travaux en août 2023, la tension est encore montée d’un cran, avec l’utilisation de gaz lacrymogènes et de drones pour surveiller les opposants, comme des habitants l’ont raconté à Reporterre.