123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefPollutions

Contre l’affichage illégal, ils déposent 64 kg de pubs devant une agence

Ces affiches publicitaires illégales ont été décollées puis déposées devant une agence publicitaire parisienne, le 1er juillet 2023.

Le 1er juillet, Résistance à l’agression publicitaire (RAP) a déposé 64 kg d’affiches devant l’agence parisienne Urban Act, spécialisée dans le street marketing (publicité de rue). Les activistes les avaient décollées un mois plus tôt d’une vitrine d’un local parisien, objet d’affichages récurrents. L’association antipub dénonce depuis des années ce « guérilla marketing ». Cette société se livre en effet, avec d’autres agences, à une véritable guerre de la publicité illégale dans les grandes villes, comme le racontait Reporterre en janvier 2022.

« Leur terrain n’a pas de limite, elles collent leurs affiches publicitaires sur tous les supports urbains accessibles (murs, vitrines de magasins en réfections, palissades de chantier, boîtiers électriques…) les recouvrant souvent plusieurs fois par jour », dénonce RAP.

Des activistes ont retourné 64 kg d’affiches à une agence de publicité spécialisée dans l’affichage illégal, le 1er juillet 2023.

En mars dernier, l’association mettait en demeure Urban Act et trois autres agences parmi les plus actives en France : Sauvage 111, Anolis et Carré Urbain. Urban Act est la seule agence à avoir répondu. Dans sa réponse, elle reconnaît les faits d’affichage sauvage, mais argumente en mettant en avant ses pratiques « écologiques » — utilisation de papier recyclé, utilisation d’encre sans solvant, nettoyages hebdomadaires de ses campagnes d’affichage. Elle explique aussi chercher à réduire son activité d’affichage sauvage pour 2024. Un discours relevant de l’écoblanchiment, selon RAP, qui réclame à Urban Act de cesser ses activités illégales immédiatement.

« Ces agences génèrent beaucoup d’argent au mépris de la loi, au détriment de l’écologie, aux dépens des finances publiques et au préjudice des passantes déjà surexposées à la publicité légale », estime RAP.

legende