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En brefForêts tropicales

Déforestation : les vêtements de Zara et H&M détruisent la savane brésilienne

Le coton des vêtements vendus par H&M et Zara a des conséquences désastreuses au Brésil, révèle ce mercredi 11 avril un rapport de l’ONG britannique Earthsight.

Accaparement de terres, déforestation illégale et violation des droits humains : le coton des vêtements vendus par H&M et Zara a des conséquences désastreuses au Brésil, révèle ce jeudi 11 avril un rapport de l’ONG britannique Earthsight. La majorité du coton qu’elles utilisent est pourtant certifié « Better Cotton ».

Pour faire le lien entre le coton brésilien et H&M et Zara, l’ONG a traqué les chaînes d’approvisionnement des deux plus grands vendeurs de vêtement au monde. Elle a cherché où se fournissent leurs sous-traitants asiatiques.

« En parcourant des milliers de dossiers d’expédition, nos enquêteurs ont découvert que les fournisseurs de H&M et de Zara s’approvisionnent en coton cultivé dans la partie occidentale de l’État brésilien de Bahia par deux des plus grands producteurs du pays : SLC Agrícola et Grupo Horita », explique le rapport. « Ces deux sociétés sont possédées par les familles connues pour être parmi les plus riches du pays. »

« La moitié de la végétation a disparu au profit de l’agro-industrie »

« Ces dix dernières années, le pays a plus que doublé ses exportations de coton », note-t-il. « La majorité de ce coton étant cultivé dans le Cerrado. » Le Cerrado est une région du Brésil abritant une faune et une flore de savane d’une biodiversité rare. Pendant la saison des pluies, sa végétation spécifique permet l’infiltration de l’eau et le remplissage de très nombreuses nappes phréatiques.

La déforestation touche aussi cette région du Brésil moins connue que l’Amazonie. « Près de la moitié de la végétation a déjà disparu au profit de l’agro-industrie (...) et en 2023, le taux de déforestation a augmenté de 43 % par rapport à l’année précédente », s’alarme le document.

L’ONG est ensuite allée enquêter sur place. La culture du coton est très gourmande. Selon ses recherches, près de deux milliards de litres d’eau par jour seraient extraits pour alimenter les cultures. 600 millions de litres de pesticides seraient aussi déversés chaque année. Les terres cultivées seraient obtenues par l’accaparement, la corruption et la violence, dénoncent encore les enquêteurs.

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