Des militants dans les arbres en soutien aux opposants à Cigéo
Durée de lecture : 2 minutes
Dans plusieurs villes de France se sont déroulé, ce vendredi 18 mai, plusieurs actions de militants antinucléaires. Les manifestations visent à soutenir les habitants expulsés le 22 février dernier du bois Lejuc, près de Bure, dans la Meuse, à dénoncer la répression dont ils sont victimes et à interpeler au sujet du projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo. L’idée : monter une ou plusieurs cabanes dans des arbres, au cœur des villes.
Les opposants d’Île-de-France, une vingtaine, ont choisi d’installer une cabane devant le 10 boulevard de Bonne-Nouvelle, qui abrite les locaux du journal Usbek & Rica. « Ils collaborent avec l’Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs] pour la réalisation du module Les Arpenteurs, explique une militante. Sous un projet apparemment lisse de blog sur les générations futures, ils participent à l’acceptation sociale du projet de Cigéo. On y trouve notamment des portraits de salariés de l’Andra, sans aucun recul critique sur le projet et ses risques, notamment en matière d’environnement. Ils se rendent complices de Cigéo. »
Un grimpeur téméraire a monté la cabane, soutenu au sol par d’autres militants. Au programme : lecture des revendications, musique, percussions, tractage et discussions. Les salariés d’Usbek & Rica, surpris, sont descendus à leur rencontre, prêts à engager un dialogue.
Les organisateurs de l’événement ont rappelé que, depuis plus de vingt ans, l’Andra, sous la tutelle du gouvernement français, projette d’enfouir les déchets nucléaires hautement radioactifs à vie longue en Meuse et Haute-Marne. « Concentrant 99 % de la radioactivité des déchets produits en France, Cigéo, ce projet de poubelle nucléaire, sacrifierait tout le territoire et ses alentours au profit de l’épanouissement d’une industrie mortifère », s’insurgent-ils. Le 22 février 2018, les « hiboux », résistants qui vivaient dans les arbres, ont été expulsés. Le territoire est, depuis, sous occupation militaire.
Les militants ont appelé à converger, le 16 juin prochain, à Bar-le-Duc, pour une grande journée de mobilisation.
Jeudi 24 mai, Reporterre organise une rencontre sur le thème : « Des déchets nucléaires aux luttes sociales : on ne nous atomisera pas ». Infos ici.
- Source et photos : Alexandre-Reza Kokabi/(Reporterre)