« Déverrouiller, libérer, simplifier » : les annonces de Gabriel Attal pour l’agriculture
Le Premier ministre Gabriel Attal. - © Ian Langsdon / AFP
Le Premier ministre Gabriel Attal. - © Ian Langsdon / AFP
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Le Premier ministre a dévoilé, vendredi 26 janvier, ses annonces pour calmer la colère des agriculteurs. Il a avant tout misé sur la simplification et la suppression des normes.
Moins de normes – notamment environnementales –, moins de taxes, plus de soutiens financiers. En visite dans un élevage bovin de Haute-Garonne, vendredi 26 novembre, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé plusieurs nouvelles mesures d’aide aux agriculteurs, mobilisés en masse, depuis le 18 janvier, à travers le pays.
Arguant que le gouvernement mettait l’agriculture « au-dessus de tout », le Premier ministre, accompagné par les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique Marc Fesneau et Christophe Béchu, a déclaré vouloir ouvrir « un nouveau chapitre » pour le secteur. « Je veux déverrouiller, libérer, simplifier », a martelé le chef du gouvernement.
Il a annoncé vouloir réduire les délais de recours contre les projets agricoles – notamment les retenues d’eau –, et simplifier « drastiquement ce qui relève des curages d’eau ». L’Office français de la biodiversité sera également mis sous tutelle des préfets.
Les contrôles seront moins fréquents, les réglementations sur les haies réduites, a-t-il aussi promis. « Je ne suis pas là pour dire aux agriculteurs comment faire leur métier [...] mais pour leur dire comment on va [les laisser] faire leur métier », a-t-il promis, jugeant qu’on ne pouvait « plus accepter » les discours présentant les agriculteurs « comme des pollueurs, des hommes et des femmes qui torturent leurs bêtes ». « On ne dit pas à un pilote comment il doit piloter un avion », a-t-il défendu.
Pour le revenu des agriculteurs, il a dit vouloir « faire respecter partout Egalim », et a annoncé des sanctions exemplaires contre trois grosses entreprises qui ne respectent pas la loi, sans préciser lesquelles.
Côté finances, le fonds d’urgence pour les agriculteurs bretons touchés par les tempêtes de novembre sera doublé, et le versement des aides de la Politique agricole commune (PAC) sera accéléré. 50 millions d’euros seront également débloqués pour le développement de la filière bio, a promis le Premier ministre.
En ce qui concerne la question du gazole non routier, qui cristallise les tensions, Gabriel Attal a déclaré mettre fin à la hausse progressive de sa fiscalité, mise en place en septembre par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Ce dernier prévoyait de supprimer progressivement, d’ici à 2030, l’avantage fiscal sur le gazole non routier dont bénéficient notamment les agriculteurs et les entreprises de travaux publics.
Il a promis que le président de la République et le gouvernement continueraient de plaider la simplification à Bruxelles, notamment sur la question des jachères. Il a réaffirmé l’opposition du gouvernement au traité Mercosur. Ce qui n’empêche pas que d’autres traités de libre-échange ont eux été adoptés.
« Des mesurettes et encore des mesurettes »
À une cinquantaine de kilomètres de là, à Carbonne, installés sur le bitume de l’autoroute A68, des dizaines d’agriculteurs ont écouté le discours du Premier ministre, sur une télévision posée sur un pick-up. Une fois la prise de parole achevée, une nuée d’applaudissements retentit. Celle sortie des enceintes de la télévision. Car sur l’autoroute, pas un bruit. Les visages sont fermés. Un homme au bonnet noir peste : « Des mesurettes et encore des mesurettes. »
Dans l’assemblée, beaucoup d’agriculteurs de la FNSEA et des JA. Les drapeaux jaunes de la Confédération paysanne sont inexistants. Pour Benjamin, agriculteur à Saint-Sulpice-sur-Lèze, les « normes écologistes dictées par les bobos écologistes de Paris » sont responsables de leurs difficultés. Quant aux traités de libre-échange ? « Là-dessus, j’ai du mal à croire Gabriel Attal. Soi-disant il veut l’indépendance de la France, mais pas plus tard qu’il y a deux mois, les eurodéputés votaient un accord avec la Nouvelle-Zélande. Ça, c’est mort ! »
Pour l’heure, les positions sont hésitantes. Petite victoire ou coup de communication ? Tous attendent d’en débattre avec les représentants locaux et nationaux des syndicats majoritaires.