Je fais un don
OBJECTIF :
120 000 €
69877
COLLECTÉS
58 %

EELV veut une Europe « zéro carbone, zéro nucléaire et zéro gaz de schiste »

29 avril 2014 / Barnabé Binctin (Reporterre)

Energie et traité transatlantique seront les pivots de la campagne européenne d’EELV, qui a présenté lundi son programme.


Entre la digestion des municipales et la redécouverte du statut d’opposition, difficile de faire de la place pour les élections européennes. La campagne est pour l’heure atone : beaucoup au sein d’EELV (Europe Ecologie Les Verts) considèrent qu’elle est victime de la focalisation médiatique sur le Front National et sur les premières frasques du gouvernement Valls. Mais le parti écologiste affiche fièrement son projet pro-européen. Lundi 28 avril, au terme d’un Tour de France qui aura vu ses candidats sillonner le pays pour parler du nucléaire à Tricastin et d’agriculture à la ferme-usine des 1000 vaches, en passant par les grands projets inutiles de Nonant-le-Pin et du Lyon-Turin, ils présentaient officiellement leur programme pour les élections européennes, lors d’une conférence de presse qui réunissait la plupart des têtes de listes autour des deux porte-paroles, Yannick Jadot et Karima Delli.

Sous le slogan « Donnons vie à l’Europe », le document de quatre-vingt pages reprend des classiques d’EELV, tels que l’interdiction des OGM, la taxe carbone ou encore la lutte contre l’évasion fiscale, dont Eva Joly rappelle qu’avec les mille milliards d’euros de manque-à-gagner annuel qu’elle représente, « il n’y aurait aucun problème pour sauver Alstom ».

D’autres revendications, portées depuis plusieurs mois par le mouvement écolo, s’affirment comme des enjeux pour la prochaine mandature : c’est le cas du revenu minimum européen, de la reconnaissance d’un statut européen de réfugié climatique ou la garantie jeunesse, sorte de compagnonnage européen qui ouvre à tous les jeunes le mécanisme d’Erasmus : en l’état, celui-ci serait un « programme élitiste dont seuls 1% des étudiants français ont bénéficié » selon Clarisse Heusquin, tête de liste Massif central-Centre.

Mais ce sont autour de deux dossiers principaux que va s’articuler la campagne des écologistes dans les quelques semaines avant l’échéance du 25 mai :

« Un Airbus des énergies renouvelables » : reprenant la promesse de François Hollande, EELV en appelle à l’indépendance énergétique, « grâce au trépied des énergies renouvelables, de la sobriété et de l’efficacité, souligne Michèle Rivasi. En plus de créer deux millions d’emplois, cela nous sortirait de la dépendance au gaz russe que révèle la crise ukrainienne ! ». Et engagerait la transition vers l’objectif d’une Europe « zéro carbone, zéro nucléaire et zéro gaz de schiste ». Pour y parvenir, EELV veut encourager le financement participatif par le biais du « 1 Euro citoyen = 1 Euro européen » : pour chaque euro investi par un citoyen dans un projet local de production d’énergie renouvelable, individuel ou collectif, l’Union européenne s’engage à apporter 1 euro supplémentaire.

● La lutte contre le traité transatlantique de libre-échange : pour les normes sociales et environnementales qu’il risque de bouleverser comme pour le manque de transparence qui entoure ses négociations, l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, dit « TAFTA », est érigé en symbole par les écologistes. « Par son mécanisme d’arbitrage, le traité permettra aux grandes multinationales d’attaquer en justice une collectivité territoriale ou un Etat dont une décision lui serait défavorable. C’est ce qui se passe aujourd’hui en Egypte où Véolia attaque l’Etat après qu’il ait instauré un service minimum. Les intérêts privés finissent par primer sur l’intérêt commun. A travers ce combat pour un autre traité transatlantique, il s’agit de défendre un autre modèle social », explique Pascal Durand.

Assumant son pro-européanisme, EELV mènera sa campagne sur une autre idée de l’Europe. Une « Europe forte » – capable de développer des ressources propres, grâce par exemple à la Taxe sur les transactions financières – mais pas « forteresse » : « Nos économies ont besoin de ces nouveaux entrants. Les études montrent que les arrivants cotisent plus qu’ils ne bénéficient d’aide », justifie Catherine Grèze, colistière de José Bové dans le Sud-Ouest.

Fustigeant la schizophrénie des social-démocrates au Parlement européen, qui « ont voté le contraire de ce qu’ils préconisent aujourd’hui » en matière d’austérité, Europe Ecologie-Les Verts reprend ainsi les trois piliers qui constituent son projet politique européen : le volontarisme, au moyen d’un budget en hausse, afin que « l’UE ait enfin les moyens financiers de ses politiques publiques » ; l’harmonisation des normes à l’échelle communautaire, sur le plan fiscal et social en premier lieu, mais aussi dans le domaine du droit d’asile, par exemple ; le fédéralisme, enfin, pour faire rimer souveraineté et proximité sans risquer le retour aux patriotismes nationalistes.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. Il n’y jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.

Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre



Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photo : lexpress.

Lire aussi : L’Europe capitaliste n’est pas l’Europe.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

DOSSIER    Europe

THEMATIQUE    Energie
23 juin 2018
Sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, la bataille des terres continue souterrainement
Enquête
22 juin 2018
La bio en Inde, un développement freiné par le manque d’intérêt des autorités
Reportage
22 juin 2018
EDF est un champion de l’énergie éolienne
Enquête


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Dans les mêmes dossiers       Europe



Sur les mêmes thèmes       Energie





Du même auteur       Barnabé Binctin (Reporterre)