En Île-de-France, la fin des ZFE pourrait annuler des progrès sur la qualité de l’air
La fin des ZFE risque fortement d'empirer la qualité de l'air de l'Île-de-France. - ILJR/ Wikimedia Commons
La fin des ZFE risque fortement d'empirer la qualité de l'air de l'Île-de-France. - ILJR/ Wikimedia Commons
Durée de lecture : 2 minutes
La qualité de l’air s’est dégradée en Île-de-France en 2025, a alerté Airparif mercredi 15 avril 2026. En cause, une hausse des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines (PM2,5), conséquence d’un hiver plus froid qui a accru le recours au chauffage et limité la dispersion des polluants.
Malgré cette dégradation ponctuelle, la tendance de fond reste positive sur le long terme : depuis environ 2005, les concentrations de NO2 ont été divisées par deux et celles de particules fines ont diminué d’environ 60 %.
Un air largement trop pollué selon l’Organisation mondiale de la santé
Toutefois, en 2025, selon les seuils réglementaires actuellement en vigueur, environ 1 500 Franciliens restaient exposés à des niveaux trop élevés. Un faible chiffre, qui se démultiplie si l’on se réfère aux futures normes européennes prévues pour 2030, plus strictes, selon lesquelles près d’un quart de la population francilienne était encore surexposée cette année-là. Et même ces futures normes sont largement en-deça des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, selon laquelle 95 % de la population respire un air trop pollué en NO2. La pollution à l’ozone, elle, ne diminue pas sur le long terme.
La décision parlementaire, mardi 14 avril, de supprimer les zones à faibles émissions (ZFE) risque de compromettre ces fragiles progrès. D’après Airparif, la mise en place progressive de la ZFE de la métropole du Grand Paris à partir de 2017 avait permis une réduction de 14 % des oxydes d’azote (NOx) dans l’air.
Sa suppression entraînerait un retard d’environ deux ans dans le respect des normes actuelles de dioxyde d’azote. Elle fragiliserait également la position juridique de la France, alors qu’en avril 2025, le Conseil d’État avait levé les astreintes liées à la pollution, notamment grâce à ce dispositif. Enfin, à l’horizon 2030, la suppression de la ZFE entraînerait la surexposition au N02 d’environ 40 000 Franciliens supplémentaires.
Respirer un air vicié est délétère pour la santé et potentiellement mortel : la pollution de l’air est responsable d’environ 8 000 décès prématurés par an en Île-de-France.