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Expulsions en vue des JO : 244 mineurs isolés occupent un lieu parisien

244 personnes, notamment des mineurs isolés, occupent la Maison des métallos depuis le 6 avril 2024.

Près de 240 personnes occupent un lieu culturel à Paris pour dénoncer les expulsions de personnes exilées en vue des Jeux Olympiques.

« Pas de logement, pas de JO. » Depuis samedi 6 avril, 244 personnes occupent la Maison des métallos, un lieu culturel parisien, pour dénoncer leur expulsion à cause des Jeux olympiques (JO).

La plupart sont des mineurs en attente de papiers qui vivent pour l’instant dans des gymnases parisiens. Des lieux qui vont être réquisitionnés pendant les Jeux afin d’y loger les forces de sécurité. « On est venu nous dire qu’on allait nous envoyer à Marseille. Nous ne voulons pas partir, sinon il faudra recommencer à zéro les papiers et encore attendre des mois », explique Alsuny, 16 ans, arrivée de Guinée en novembre dernier. « Aujourd’hui, on ne nous propose rien de concret. Nous resterons ici jusqu’à ce qu’on réponde à nos demandes », renchérit Barry, son ami.

Ils réclament un hébergement digne le temps de terminer leur long parcours administratif, l’accès à une couverture médicale, à l’éducation, aux transports gratuits ainsi qu’aux cantines solidaires de la ville.

244 personnes occupent la Maison des métallos depuis le 6 avril 2024. © Jeanne Bourdier / Reporterre

« Une prise en charge digne »

En attendant, la solidarité s’organise. Devant la grande grille du théâtre, deux militants déchargent des briques de lait, des bouteilles d’eau, des gobelets en carton, du thé, du sucre et des sodas. « Nous aurons assez de nourriture pour ce soir, mais pas pour demain. Il faudra faire appel à la solidarité. Nourrir 244 personnes demande une grande organisation », explique l’un des soutiens. S’ils peuvent manger, les occupants ne peuvent pas se doucher et dorment à même le sol, parfois sans couverture.

Des conditions difficiles et une situation qui met mal à l’aise la mairie : la presse n’a pas été autorisée à pénétrer dans les locaux pour constater les conditions de cette occupation organisée par le Collectif des jeunes du parc de Belleville, créé en octobre 2023 par des habitants du quartier. « À l’époque, 300 jeunes dormaient le soir dans le parc de Belleville, raconte Amaia, l’une des militantes du collectif. C’était à 200 mètres de chez moi, alors on les a approchés pour les aider. »

Les mineurs isolés demandent notamment un hébergement digne le temps de terminer leur long parcours administratif. © Jeanne Bourdier / Reporterre

Depuis, le collectif a mené plusieurs actions pour obtenir des places d’hébergements dignes, notamment à l’Académie du climat en février dernier. Ils ont ciblé cette fois la Maison des métallos, un établissement culturel de la ville et un lieu historique des luttes sociales de la capitale. « C’est un endroit où il est facile d’entrer. La mairie a promis qu’elle n’appellerait pas la police, sauf s’il y a des violences ou des dégradations », explique Jeanne, l’une des militantes du collectif.

Pour Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés, le désinvestissement de l’État sur la prise en charge des personnes exilées est déplorable. « En quatre mois, c’est la septième fois qu’un lieu municipal est investi de la sorte par des personnes demandant simplement une prise en charge digne, a-t-elle déclaré sur le réseau social X. [...] Aujourd’hui à Paris, mais comme dans d’autres villes de France, nous gérons à la place de l’État des situations d’hébergement d’urgence. Mais sans ni les moyens ni le droit [...]. Alors qu’en fait en aurait pu faire autrement. Utiliser les [Jeux] pour faire des lieux d’accueil, nouveaux, pérennes et dignes [...]. C’est insupportable de savoir que des solutions existent, mais qu’elles ne sont pas activées. »

L’État a pourtant obligation de proposer un dispositif d’hébergement d’urgence à « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale ».

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