Ferme des Mille vaches : Novissen et Confédération paysanne, libérés après sept heures de garde à vue

Durée de lecture : 2 minutes

21 novembre 2013 / Hervé Kempf (Reporterre)

Le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, et le président de l’association Novissen, Michel Kfoury, ont passé la journée de jeudi en garde à vue dans les gendarmeries d’Abbeville et de Gamaches, dans la Somme, ainsi que quatre autres membres du syndicat agricole. Il leur était reproché l’action menée en septembre sur le chantier de la ferme industrielle dite des « Mille vaches ».


Dernière nouvelle, 16h59 : Libération des membres vers 16h15 de la Confédération paysanne placées en garde à vue à la gendarmerie d’Abbeville depuis le matin. Leurs avocats ont indiqué : “Nos clients ont fait valoir leur droit au silence en ne répondant à aucune des questions posées”. Ils ont constaté qu’il est “difficile de répondre à des questions alors que nous n’avons pas accès au dossier comme le stipule la réforme de la garde à vue”.
Le président de Novissen Michel Kfoury a quant à lui été relâché après 17 h de la gendarmerie de Gamaches. “Nous ne comprenons pas car nous (Novissen) n’étions pas sur les lieux lors de cette action de la Confédération paysanne le 12 septembre”, regrettaient Marc Dupont et Francis Chastagner.

Source : Confédération paysanne, Novissen, Ternois Environnement.

. 15h20 : "La Confédération paysanne appelle tous les opposants à l’industrialisation de l’élevage à manifester leur soutien aux gardés à vue. Nous mobilisons donc depuis quelques minutes nos adhérents dans la mesure du possible devant la gendarmerie d’Abbeville". - Source : courriel de Novissen.


Le président de l’assocation Novissen, Michel Kfoury, et Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, sont en garde à vue à la gendarmerie d’Abbeville (Somme), ainsi que Manuel Aze, paysan, et trois salariés du syndicat.

En septembre dernier, des membres de la Confédération paysanne avaient investi, durant la nuit, le chantier de cette ferme industrielle à Buigny-Saint- Maclou et Drucat-le-Plessiel, dans la Somme, près d’Abbeville.

Michel Ramery, promoteur du projet, avait porté plainte pour "vol et dégradation".

Marie-Noelle Orain, secrétaire générale de la Confédération paysanne, est sur place. Elle répond au téléphone à Reporterre :

"Ils ont été convoqués ce matin à 9 h 00, et à 9 h 15, les gendarmes nous ont dit qu’ils restaient placés en garde à vue.

"C’est très disproportionné au regard de ce qui est reproché à la Confédération paysanne. Nous reconnaissons l’action, que des engins ont été mobilisés et qu’un slogan a été peint sur le site. Mais il n’y a bien sûr pas eu de vol : des pièces soustraites ont été remise le lendemain à Rennes au Salon de l’élevage.

"Cette action a été menée pour dénoncer un système qui tue l’agriculture, qui tue les paysans. C’est une action de sauvegarde des paysans.

"Si ’lon regarde les fréquentes dégradations commises durant les manifestations de la FNSEA, on ne peut qu’être surpris : il y a deux poids, deux mesures."

Jeudi matin, la FNSEA a organisé des blocus routiers en Ile-de-France. Un pompier de 28 ans est mort lors d’un accident survenu sur l’un des barrages d’agriculteurs dans le Val d’Oise et un second accident entre un tracteur et un car de CRS a fait six blessés légers.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

Photo : En septembre (L’Union).

Lire aussi : « 1000 vaches » : paroles de paysans contre l’usine à vaches en Picardie.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

DOSSIER    Mille Vaches et fermes-usines

THEMATIQUE    Libertés
13 septembre 2019
La Nuit des ours, un moment de grâce et de frissons
Chronique
14 septembre 2019
VIDÉO - La chasse des animaux prisonniers, une pratique cruelle et sadique
Tribune
13 septembre 2019
Valdepiélagos, l’écovillage espagnol qui résiste à l’exode rural
Alternative


Dans les mêmes dossiers       Mille Vaches et fermes-usines



Sur les mêmes thèmes       Libertés





Du même auteur       Hervé Kempf (Reporterre)