Joe Biden stoppe les nouveaux projets d’exportation de GNL
Le président étasunien Joe Biden a annoncé vendredi 26 janvier un moratoire sur les autorisations de construction de nouveaux sites d’exportations de gaz naturel liquéfié (photo illustration). - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0 Deed/Programa de Aceleração do Crescimento
Le président étasunien Joe Biden a annoncé vendredi 26 janvier un moratoire sur les autorisations de construction de nouveaux sites d’exportations de gaz naturel liquéfié (photo illustration). - Flickr/CC BY-NC-SA 2.0 Deed/Programa de Aceleração do Crescimento
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Le président étasunien Joe Biden a annoncé un moratoire sur les nouvelles autorisations de construction de sites d’exportation de gaz naturel liquéfié. L’annonce réjouit les militants écologistes.
Atlanta (États-Unis), correspondance
L’annonce a été saluée comme une immense victoire par les militants écologistes. Le président étasunien Joe Biden a annoncé vendredi 26 janvier un moratoire sur les autorisations de construction de nouveaux sites d’exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). « Cette pause [...] voit la crise climatique pour ce qu’elle est : la menace existentielle de notre époque », précise le communiqué.
Le GNL présente d’importants risques pour l’environnement car il est composé principalement de méthane, un puissant gaz à effet de serre. « Cette décision est une victoire majeure », s’est félicité dans un communiqué Ben Jealous, le directeur exécutif de l’organisation environnementale américaine Sierra club.
Courtiser les militants écologistes
Parmi les dix-sept projets de terminaux d’exportation concernés, le Calcasieu 2 était particulièrement critiqué. L’infrastructure à 10 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) en Louisiane était qualifiée de « bombe climatique » par ses opposants. L’infrastructure permettrait d’augmenter de 20 % les exportations américaines de GNL. Des manifestations ont été organisées et, en décembre, 170 scientifiques ont écrit une lettre exhortant Joe Biden de mettre un terme à de nouveaux projets.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, le candidat démocrate espère gagner l’électorat écologiste. « Pendant que les Républicains Maga [Make America Great Again, partisans de Donald Trump] nient délibérément l’urgence de la crise climatique, condamnant les Américains à un futur dangereux, mon administration ne sera pas complaisante », précise le communiqué du président.
Les élus du parti Républicain — tout comme les industries gazières — ne partagent effectivement pas l’enthousiasme des écologistes. Ils craignent que les pays importateurs se tournent vers la Russie. « En cédant aux militants climatiques, le président Biden donne du pouvoir à la Russie […] et force l’Europe à dépendre des sales exportations russes », a publié sur X (anciennement Twitter) Mike Johnson. Le speaker républicain de la chambre des représentants est connu pour sa proximité avec les industries pétrolières et gazières.
Seuls les projets non approuvés sont concernés
Avec la guerre en Ukraine et la volonté de l’Europe de réduire ses importations de Russie, les États-Unis sont devenus en 2023 le premier pays exportateur de GNL au monde et le principal fournisseur pour la France en 2022. Les conséquences pour l’Europe de la suspension de nouveaux terminaux gaziers sont difficiles à évaluer.
La mesure ne remet pas en question les exportations actuelles, ni les chantiers déjà validés par l’administration. Seuls les projets non approuvés sont concernés. « L’annonce concerne le gaz qui pourrait être disponible à l’avenir pour l’Europe, mais pas celui qui est utilisé aujourd’hui, explique la directrice de l’Initiative pour la sécurité énergétique et sur le climat à la Brookings Institution, Samantha Gross. Il y a assez de projets en construction pour que les capacités de production de gaz américain continuent d’augmenter. »
Du côté européen, l’importation de GNL ne fait pas consensus. Avant l’annonce de Joe Biden, soixante parlementaires européens ont appelé le président à abandonner la validation de nouveaux sites. « Nous sommes inquiets qu’une fausse représentation des besoins européens en énergie soit désormais utilisée comme une excuse par les industries d’énergies fossiles et leurs alliés pour étendre les exportations américaines de GNL sur le marché mondial », ont-ils écrit dans une lettre ouverte.