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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Luttes

Greenpeace, cinquante ans d’actions pour la planète

Le 15 septembre 2021, Greenpeace célèbre ses 50 ans. De sa première action en 1971 en passant par la lutte contre le dérèglement climatique, le nucléaire ou les OGM, l’ONG a œuvré à de nombreuses prises de conscience dans le monde. Retour en images sur des actions emblématiques.

Greenpeace a un demi-siècle. Il y a cinquante ans, au large de l’Alaska, des militantes et militants lançaient leur première action sous la bannière de l’organisation. Le 15 septembre 1971, ils embarquaient à bord d’un navire de pêche, le Phyllis Cormack, pour tenter de s’opposer aux essais nucléaires étasuniens prévus sur l’île d’Amchitka, au large de l’Alaska. Les images de cette épopée qui a conduit les États­-Unis à mettre un terme à leurs essais nucléaires dans cette région, ont fait le tour du monde.

Depuis, Greenpeace s’est développée dans cinquante-sept pays et n’a cessé de lutter contre les dangers qui pèsent sur notre planète — dérèglement climatique, pollution toxique, nucléaire, destruction des forêts, des océans, de la biodiversité, etc. —, tout en restant indépendante financièrement et politiquement. Ces cinquante années de combats écologistes ont été ponctuées par des actions spectaculaires. Reporterre vous fait revivre certaines d’entre elles en images.

• 22 septembre 1971, la première action

L’équipage du Phyllis Cormack le 22 septembre 1971 (de g. à d. dans le sens horaire) : Hunter, Moore, Cummings, Metcalfe, Birmingham, Cormack, Darnell, Simmons, Bohlen, Thurston, Fineberg. ©Greenpeace/Robert Keziere

Les fondateurs de Greenpeace — Robert Hunter, Patrick Moore, Bob Cummings, Ben Metcalfe, Dave Birmingham, John Cormack, Bill Darnell, Terry Simmons, Jim Bohlen, Dr Lyle Thurston et Richard Fineberg — embarquent à bord d’un vieux chalutier, le Phyllis Cormack, pour empêcher les essais nucléaires étasuniens sur le site d’Amchitka, en Alaska. Quelques mois plus tard, les États-Unis cesseront leurs essais nucléaires atmosphériques. Le 4 mai 1972, le nom de Greenpeace Foundation sera officiellement enregistré par le bureau provincial des sociétés à Victoria, au Canada.

• 1er mars 1982, les phoques du Groenland

Le 1er mars 1982, des militants de Greenpeace se préparent à vaporiser des phoques du Groenland avec un colorant inoffensif pour rendre leur peau sans valeur et arrêter les chasseurs. ©Greenpeace/Pierre Gleizes

Voyageant à bord du Rainbow Warrior I, des militants de Greenpeace s’apprêtent à asperger des phoques du Groenland d’un colorant inoffensif, afin de rendre leur fourrure indésirable aux yeux des chasseurs.

• 11 janvier 1983, libération du « Sirius »

Action pour la libération du Sirius à Cherbourg, le 11 janvier 1983. ©Greenpeace/Pierre Gleizes

Des membres de l’équipage de Greenpeace s’enchaînent à la grille du bureau des autorités de la marine marchande, à Cherbourg, en France, pour demander la libération immédiate de leur navire Sirius. Celui-ci a été saisi après une action contre l’arrivée de combustible nucléaire usé en provenance du Japon.

• 11 juillet 1985, attentat contre le « Rainbow Warrior »

Le Rainbow Warrior à Marsden Wharf, dans le port d’Auckland, après l’explosion de la bombe posée par des agents des services secrets français, le 11 juillet 1985. ©Greenpeace/John Miller

En 1985, le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace, appareille pour l’atoll de Rongelap, dans le Pacifique-Sud. À la suite d’essais nucléaires étasuniens effectués de 1946 à 1956, des poussières radioactives ont recouvert l’atoll, provoquant chez les habitants des cancers, des leucémies et des malformations génitales.

Greenpeace évacue toute la population de Rongelap vers l’île de Mejato. Le Rainbow Warrior navigue ensuite vers Auckland, où il doit faire étape avant de rejoindre le site nucléaire français de Mururoa. Mais ce fameux 10 juillet 1985, deux explosions secouent la coque du navire alors qu’il mouille dans le port d’Auckland. Le Rainbow Warrior coule. Fernando Pereira, photographe de Greenpeace, est tué lors de l’attentat, provoqué par les services secrets français. Charles Hernu, ministre de la Défense de François Mitterrand, démissionne.

• 9 juin 1988, contre le nucléaire

Action en Espagne contre l’USS Eisenhower pour s’opposer au nucléaire, le 9 juin 1988. ©Greenpeace/Miguel Angel Gremo

À Palma de Majorque, en Espagne, des activistes de Greenpeace protestent contre l’HMS Eisenhower, un porte-avion étasunien à propulsion nucléaire.

• 26 février 2002, contre l’importation de grumes du Liberia

Action contre l’importation de grumes du Liberia, le 26 février 2002. ©Greenpeace/Daniel Beltrá

À bord de zodiacs, les activistes de Greenpeace neutralisent l’Agia Irene, un navire transportant 1 500 grumes en provenance du Liberia, exportées par des compagnies qui finançaient la guerre civile en Sierra Leone. Ils assurent au commandant de bord qu’ils ne quitteront pas le bateau sans avoir l’assurance que ce bois ne sera pas débarqué sur les côtes françaises.

• 16 mars 2006, une bannière sur le Christ rédempteur à Rio de Janeiro

Une bannière sur la statue du Christ à Rio de Janeiro, le 16 mars 2006. ©Greenpeace/Daniel Beltrá

En pleine Convention sur la diversité biologique à Curitiba (Brésil), des militants de Greenpeace déploient une bannière depuis la célèbre statue du Christ rédempteur à Rio de Janeiro, pour sommer les gouvernements à protéger la biodiversité mondiale.

• 27 juillet 2006, une croix dans un champ de maïs OGM

Une croix dans un champ de maïs OGM, le 27 juillet 2006. ©Greenpeace/Pierre Gleizes

Au lendemain d’une décision de justice enjoignant à Greenpeace de retirer de son site internet une carte de champs de maïs OGM, l’organisation écologiste taille une croix, visible du ciel, dans un champ de maïs transgénique près de Marmande, dans le Lot-et-Garonne.

• 10 décembre 2008, contre une mine de lignite en Allemagne

Action contre une mine de lignite en Allemagne, le 10 décembre 2008. © Daniel Rosenthal/Greenpeace

Vingt-cinq activistes de Greenpeace protestent dans la mine de lignite à ciel ouvert de Jänschwalde, en Allemagne. Ils dénoncent la poursuite de l’utilisation du charbon, source d’énergie fortement climaticide. Une bannière « Stop » de 35 x 15 mètres est déployée devant une énorme excavatrice.

• 24 janvier 2010, blocage des déchets nucléaires à Cherbourg

Blocage des déchets nucléaires à Cherbourg, le 24 janvier 2010. ©Greenpeace/Pierre Gleizes

Des activistes s’enchaînent à la voie ferrée, près de la gare maritime de Cherbourg, afin d’empêcher qu’y arrive un train chargé de déchets nucléaires français. Les conteneurs doivent y être chargés sur le navire Kapitan Kuroptev et transportés jusqu’en Russie. « La Russie n’est pas une poubelle ! » soutiennent les activistes, qui appellent à un moratoire sur l’exportation des déchets nucléaires.

• 2 mai 2012, intrusion dans la centrale nucléaire du Bugey

Intrusion dans la centrale nucléaire du Bugey, le 2 mai 2012. ©Lagazeta/Greenpeace

Un engin ultraléger motorisé (ULM) survole la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain, avant de lancer un fumigène. Par cette action, Greenpeace cherche à démontrer aux candidats à l’élection présidentielle française que l’attaque aérienne d’une centrale ou encore la chute d’un avion sur un site sont tout à fait possibles.

• 11 décembre 2015, l’Arc de Triomphe ensoleillé pendant la COP21

L’Arc de Triomphe ensoleillé par Greenpeace pendant la COP21, le 11 décembre 2015. ©Greenpeace

En pleine COP21 à Paris, les militants de Greenpeace peinturlurent les alentours de l’Arc de Triomphe de couleur jaune pour symboliser un énorme soleil brillant. Cette action vise à rappeler aux gouvernements que la lutte contre le changement climatique passe par le développement des énergies renouvelables.

• 1er janvier 2016, un signe de paix à Lesbos

Un signe de paix à Lesbos, le 1er janvier 2016. © Florian Schulz/MSF/Greenpeace

Le jour de l’An 2016, des activistes de Médecins sans frontières (MSF), Greenpeace, Sea Watch et de la Fondation néerlandaise forment un signe de paix à partir de plus de 3 000 gilets de sauvetage de réfugiés, sur l’île grecque de Lesbos. Ils demandent que les personnes fuyant la guerre, la pauvreté et l’oppression puissent bénéficier d’accès sécurisés pour migrer.

• 28 juin 2019, blocage d’un navire transportant du soja sud-américain

Blocage d’un navire transportant du soja sud-américain, le 28 juin 2019. ©Simon Lambert/Greenpeace

Une cinquantaine de militants français, allemands et néerlandais bloquent l’arrivée dans le port de Sète (Hérault) du cargo Ellirea, afin d’attirer l’attention sur la déforestation provoquée par la production de soja. Le navire transporte 50 000 tonnes de tourteaux de soja en provenance de Cotegipe (Brésil), destinés à être déchargés en France et en Slovénie pour nourrir des animaux d’élevages industriels de l’Union européenne.

• 29 octobre 2019, contre un projet de déforestation de Total

Action contre le projet de déforestation de Total, dans le sud de la France, le 29 octobre 2019 ? © Simon Lambert/Greenpeace

Tôt le matin, une vingtaine d’activistes de Greenpeace France pénètrent sur le site de la Mède, à proximité de Martigues (Bouches-du-Rhône), pour dénoncer la déforestation engendrée par cette usine de Total. Cette action intervient alors qu’un cargo rempli d’entre 30 000 et 45 000 tonnes d’huile de palme en provenance d’Indonésie, l’Ocean Breeze, est arrivé quelques jours plus tôt dans le port de Lavera, à côté de l’usine de la Mède.

• 3 février 2021, victoire de l’Affaire du siècle

L’Affaire du siècle victorieuse, le 3 février 2021. © Emeric Fohlen/Greenpeace

Greenpeace France et trois autres organisations — Oxfam France, Notre affaire à tous, la Fondation pour la nature et l’Homme — gagnent leur recours, dit de l’Affaire du siècle, intenté contre l’État français. Ce dernier est reconnu coupable d’inaction climatique et le tribunal enjoint à l’État de prendre « toutes les mesures permettant d’atteindre les objectifs que la France s’est fixés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Fin 2018, une pétition en soutien à l’Affaire du siècle avait recueilli plus de 1 million de signatures en moins de 48 heures, et dépassé la barre des 2 millions en moins de trois semaines, devenant la mobilisation en ligne la plus massive de l’histoire de France.

• 28 avril 2021, sauvetage d’une usine de papier 100 % recyclé

Sauvetage d’une usine de papier 100 % recyclé, le 28 avril 2021. © Emeric Fohlen/Plus Jamais ça

Plus d’une centaine de personnes se rassemblent près du ministère de l’Économie à Paris, demandant au gouvernement français de sauver la Chapelle-Darblay, dernière papeterie française à produire du papier 100 % recyclé. Après plus de sept heures d’occupation, elles obtiennent un engagement ferme de la ministre déléguée à maintenir les activités de la papeterie. Pour cette action, les militants de Greenpeace sont associés à d’autres organisations syndicales, associatives et environnementales au sein du collectif Plus jamais ça ! qui lutte pour « reconstruire un futur écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

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