123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefOcéans

Greenpeace exclue de l’ouverture du sommet sur les océans

Le navire « My Arctic Sunrise », navire de Greenpeace décoré d’un arc-en-ciel, ici en 2020. Photo d'illustration.

L’ouverture de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), qui aura lieu le 8 juin à Nice, se fera sans Greenpeace. Dans un communiqué, l’ONG internationale explique s’être vue notifier par l’organisateur de la parade maritime censée inaugurer l’Unoc qu’elle ne pourrait pas y participer avec son navire, MY Arctic Sunrise. Greenpeace France avait pourtant été chaleureusement invitée à cette parade il y a plusieurs semaines.

Dans un courrier adressé à Greenpeace France, l’organisateur de parade maritime reproche à l’association une action menée le 21 mai dans le parc marin du golfe du Lion. L’organisation y a déposé quinze blocs de calcaire de 1 à 2 tonnes afin d’empêcher le chalutage de fond dans cette aire supposément « protégée ».

Cette technique, utilisée depuis plusieurs années par Greenpeace et d’autres activistes, empêche le chalutage de fond, décrié pour sa consommation d’énergie fossile, sa non-sélectivité, et ses conséquences néfastes pour les fonds marins. Les filets risquent en effet de se déchirer contre les pierres.

« Nous défendons les océans depuis plus de cinquante ans »

« C’est tout simplement une aberration. Depuis plus de cinquante ans, nous défendons les océans, en particulier à bord de nos navires. Nous agissons depuis toujours, de manière non-violente, pour la protection de la haute mer, l’interdiction de l’exploitation minière en eaux profondes, une protection stricte des aires marines protégées, la fin du plastique à usage unique… et nous ne pourrions pas participer à une manifestation en faveur des océans ? », réagit, en réaction à l’exclusion du MY Arctic Sunrise, le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard.

La présence à Nice de MY Arctic Sunrise aurait coïncidé avec l’année du quarantième anniversaire de l’attentat commis par les services secrets français contre le navire de Greenpeace Rainbow Warrior, à Auckland (Nouvelle-Zélande), au cours duquel un photographe avait péri, rappelle l’ONG dans un communiqué.

Un problème de sécurité

« La préfecture maritime a estimé que [le MY Arctic Sunrise] ne remplissait pas les conditions de sécurité pour qu’ils participent à la parade des bateaux, a justifié le 2 juin, lors d’un point presse, le cabinet de la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher. En dehors de ça, il n’y a pas de restriction pour la participation ni de Greenpeace, ni d’aucune organisation de la société civile, aux événements de l’Unoc. »

Plus tôt la semaine dernière, cinq membres du groupe local Greenpeace de Nice ont passé plus de vingt heures en garde à vue pour avoir réalisé des collages et des graffitis — à la craie — en faveur de la protection des océans. Leurs domiciles ont également été perquisitionnés.

legende