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En bref — Énergie

Guerre en Ukraine : TotalÉnergies s’accroche à la Russie

Le PDG de TotalÉnergies, Patrick Pouyanné, en 2020.

Exxon, Shell, Equinor... Plusieurs compagnies pétrolières ont annoncé quitter la Russie en raison de l’invasion de l’Ukraine par le régime de Vladimir Poutine. Leur homologue français, TotalÉnergies, semble bien décidé à ne pas leur emboîter le pas.

Lundi 7 mars, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a expliqué avoir eu « des discussions » avec les « plus hautes autorités » françaises, rapporte le site Connaissance des énergies. « Il n’y a pas de pression de leur part pour que nous partions de Russie, a-t-il déclaré. Ce ne serait pas cohérent : d’un côté les États européens qui ne prennent pas de sanctions contre le gaz russe, et de l’autre des entreprises européennes qui partent alors que nous sommes là pour fournir ce gaz. Évidemment si l’Europe décidait de nouvelles sanctions, et même de se passer de gaz russe, alors nous devrions en tirer les conséquences. Mais le chancelier [Olaf] Scholz a encore répété ce matin [lundi 7 mars] que ce serait difficile. »

Le peu d’empressement de TotalÉnergies à quitter le territoire russe peut s’expliquer par ses liens de longue date avec le régime de monsieur Poutine. Le groupe pétrolier possède notamment 20 % des parts du projet gazier Yamal LNG, et 21,6 % de sa « petite sœur », l’usine de liquéfaction géante Arctic LNG 2. Avec sa mise en service, en 2023, les barils russes devraient représenter le quart de l’ensemble de la production de TotalÉnergies.

Quant au soutien de l’Union européenne évoqué par Patrick Pouyanné, il tient vraisemblablement à l’ultradépendance du continent aux produits fossiles russes. Le pays représente 45 % du gaz, 45 % du charbon et 25 % du pétrole importés par l’Union européenne (UE), avec de grandes disparités selon les pays. La République tchèque, l’Autriche et la Lettonie dépendent à 100 % du gaz russe, l’Allemagne à 66 % et la France à 16 %, selon le Figaro. Pour ce qui est du pétrole, la Finlande achète 80 % de ses besoins à Moscou, l’Allemagne 30 % et la France 13 %. Accros aux fossiles russes, les vingt-sept États membres semblent pour le moment peu enclins à mettre en place un embargo, comme l’ont fait le 8 mars les États-Unis.

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