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Katy Perry et des femmes ultrariches se payent un vol dans l’espace

L'équipage exclusivement féminin du NS-31, qui doit prendre part à un vol spatial le 14 avril 2025.

Au tour des femmes ultrariches de conquérir l’espace. La chanteuse Katy Perry, l’animatrice étasunienne Gayle King et la fiancée du milliardaire Jeff Bezos, Lauren Sánchez, doivent prendre part, le 14 avril, à un vol spatial opéré par Blue Origin, société dudit milliardaire. Seront également présentes une productrice de cinéma, Kerianne Flynn ; une ancienne scientifique de la Nasa, Aïcha Boe ; et la chercheuse en bioastronautique et défenseure des droits des femmes Amanda Nguyen.

Il s’agit du onzième vol suborbital organisé dans le cadre du programme « New Shepard » de Blue Origin ; 52 personnes se sont déjà envolées dans ce vaisseau, qui peut atteindre une altitude de 100 km. Le coût du billet pour cette expérience de 11 minutes varie entre 150 000 et 250 000 dollars. L’entreprise et les riches participantes du voyage se félicitent du fait qu’un équipage exclusivement féminin ne s’était pas rendu dans l’espace depuis 1963. À quel prix ?

429 tonnes de CO2 par passager

L’économiste Lucas Chancel, également codirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris, a tenté d’évaluer l’empreinte carbone de ces vols, en réunissant toutes les informations qu’il a pu trouver en ligne sur les rejets de carbone liés à la production du carburant, à la construction du site de lancement et des fusées ou encore aux 3 500 employés.

Dans un document consulté par le service CheckNews de Libération, il est arrivé à la conclusion qu’aujourd’hui, chaque passager d’un vol génère 429 tonnes de CO2, dont 71 tonnes en émissions « directes » (liées au lancement lui-même) et 358 en émissions « indirectes ». Cela équivaut à plus de 200 fois le budget carbone annuel individuel permettant, selon le Giec, de respecter l’objectif du +2 °C de l’Accord de Paris.

Blue Origin a assuré à nos confrères qu’elle ne recourait qu’à des carburants « très efficaces et propres », et qu’elle s’engageait à « miser sur la réutilisation […] lors de la conception de ses véhicules de lancement et de ses moteurs ».

L’empreinte carbone du tourisme spatial est difficile à quantifier. D’autres estimations de l’empreinte carbone des vols du programme « New Shepard » existent. Le site spécialisé dans le développement durable TreeHugger estime, de manière plus conservatrice, que la masse de CO2 émise à chaque lancement s’élève à 93 tonnes, ce qui revient à 15,5 tonnes par passager, soit sept fois le budget carbone annuel individuel permettant, selon le Giec, de respecter l’objectif du +2 °C de l’Accord de Paris. Ce calcul « n’inclut pas le carbone initial incalculable émis lors de la fabrication de tous les prototypes et de l’infrastructure, ainsi que des fusées et des avions eux-mêmes », précise TreeHugger.

« Les 1 % les plus riches sont responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Après leurs yachts privés et leurs avions d’affaires, les lubies spatiales de ces (ultra)riches entretiennent l’illusion de toute-puissance à l’origine des graves dérèglements de la biosphère terrestre », déplorent trois physiciens français dans un article publié sur le site The Conversation.


Article mis à jour le 17 avril 2025 à 11 heures avec l’ajout d’autres estimations.

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