L’État facilite l’abattage des loups
Un loup des Apennins dans le Massif central, en 2012. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0 Deed/Clame Reporter
Un loup des Apennins dans le Massif central, en 2012. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0 Deed/Clame Reporter
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Journée noire pour le roi des forêts. Le 23 février, la version définitive du tant attendu Plan loup 2024-2029 a été dévoilée. Et celle-ci emprunte le chemin redouté par les défenseurs du grand canidé. À savoir : un protocole de tirs simplifié pour les éleveurs et les louvetiers, ainsi qu’une nouvelle méthode de calcul risquant de gonfler l’estimation des effectifs.
Si ce second point cristallise autant les tensions, c’est parce qu’il détermine ensuite le quota de loups à tuer ; 19 % de la population pouvant être abattus chaque année. Secrétaire général de la Fédération nationale ovine (FNO), une branche de la FNSEA, Claude Font a dit à l’AFP être « plutôt content » de la nouvelle formule. En juillet 2022, l’éleveur de Haute-Loire dénonçait déjà auprès de Reporterre des chiffres « sous-estimés ».
À l’inverse, l’éthologue Pierre Jouventin nous décrivait l’absurdité d’une telle politique. À ses yeux, les abattages à l’aveugle déstructurent les meutes, avec des répercussions inverses à celles désirées : « Une fois les adultes expérimentés abattus, les survivants esseulés se retrouvent incapables de chasser le gibier sauvage. Les jeunes loups ne connaissent pas les techniques pour attraper un cerf ou un sanglier. Alors que font-ils ? Ils se rabattent sur des proies faciles. » Autrement dit, le bétail.
« On a l’impression de prêcher dans le vent », a déploré à l’AFP Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Il appelle à un « vrai débat public » et à « écouter ce que dit la science » plutôt que de « céder toujours à ceux qui hurlent ». Du côté de Bruxelles, l’étau se resserre aussi sur les loups. Le déclassement de l’espèce de l’annexe II (strictement protégé) à l’annexe III (protégé) de la Convention de Berne pointant le bout de son nez.