Le loup bientôt moins protégé en Europe ?
Le loup pourrait passer d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée ». - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 Deed / Musicaline
Le loup pourrait passer d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée ». - Wikimedia / CC BY-SA 4.0 Deed / Musicaline
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Le loup pourrait passer d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée » — un « dangereux précédent » selon les associations de défense de l’environnement. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a en effet proposé le 20 décembre un texte suggérant un assouplissement du statut de protection du loup.
Dans un communiqué commun, six organisations – notamment WWF France, France Nature Environnement et la Ligue pour la protection des oiseaux – assurent que cette mesure ne repose sur « aucun fondement scientifique » et relève « d’une logique purement politicienne ». Sans compter qu’elle affaiblirait pour la première fois le niveau de protection d’une espèce protégée dans une convention internationale : c’est la Convention de Berne, « plus ancienne convention internationale en matière de conservation de la nature », qui est ciblée, constatent les associations.
Bergers, chiens de protection et clôtures…
Moins protéger le loup, c’est potentiellement multiplier les dérogations permettant de le tuer pour défendre les troupeaux. « Les tirs létaux de loups, opérés à titre dérogatoire dans le cadre juridique en vigueur, ne permettent pas de protéger efficacement les troupeaux, et ne créent pas les conditions d’une coexistence durable avec l’espèce », écrivent pourtant les associations.
Bergers, chiens de protection et clôtures… Seuls ces dispositifs améliorés et renforcés seraient susceptibles de réduire les dommages de canis lupus sur les troupeaux. Les associations citent plusieurs programmes expérimentaux qui font leurs preuves : Ferus/Pastoraloup, WWF/Entre chien et loup, FNE/Alpatous.
Elles appellent la France à rejeter fermement la proposition européenne. « La mesure est encore loin d’être adoptée, souligne toutefois le média Contexte. Avant d’être examinée par l’organe directeur de la convention de Berne, dont la prochaine réunion est prévue fin 2024, elle doit d’abord être validée par une majorité qualifiée d’États membres au Conseil de l’UE. »