L’agriculture biologique victime d’un arbitrage budgétaire « délétère »
Un champ de blé, tandis que la Fédération nationale de l'agriculture biologique proteste contre des réaffections de budget de l'agriculture bio vers des mesures non bio. - © P-O. C. / Reporterre
Un champ de blé, tandis que la Fédération nationale de l'agriculture biologique proteste contre des réaffections de budget de l'agriculture bio vers des mesures non bio. - © P-O. C. / Reporterre
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Encore un choix « délétère pour la bio ». La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), ne retient pas sa colère face aux arbitrages budgétaires annoncés lors d’une réunion au ministère de l’Agriculture le 1ᵉʳ juillet. En cause, l’allocation des crédits européens de la Politique agricole commune (PAC).
Selon l’association des agriculteurs bio, l’enveloppe des sommes destinées à accompagner les agriculteurs en conversion au bio — qui n’a pas été consommée autant qu’attendu — a été en majorité réallouée à des mesures non bio. Seuls 10 % de la somme serviront finalement à soutenir l’agriculture biologique.
« Au lieu de rééquilibrer le soutien entre conversion et maintien, comme le font la plupart des pays européens, elle décide de réaffecter l’argent fléché sur l’agriculture biologique à d’autres modèles agricoles », regrette la Fnab. La fédération craint qu’à terme seul 1 % du budget de la PAC soit consacré à l’agriculture bio (qui représente 14 % des fermes et 10 % de la surface agricole).
« C’est une volonté politique qui profite de la crise de la bio pour nous anéantir », estime Loïc Madeline, coprésident de la Fnab.
Dans la soirée, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a au contraire estimé, dans un communiqué, qu’elle envoyait « un signal fort en vue de consolider et de maintenir les exploitations bio existantes ». Dans le détail, le ministère explique que 257 millions d’euros de subvention PAC pour soutenir la conversion au bio n’ont pas été consommés. Sur cette somme, 100 millions d’euros ont été attribués aux fermes bio existantes.
Par ailleurs, le ministère a annoncé 55 millions d’euros pour les jeunes agriculteurs, 20 millions d’euros pour les petites exploitations, 33 millions d’euros aux territoires herbagers, etc.