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Déchets nucléaires

L’entreprise POMA visée par des antinucléaires

A Bure, dans la Meuse, les antinucléaires ne désarment pas. Ils ont lancé une nouvelle campagne pour faire pression sur les sous-traitants de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs ( Andra). Dans un communiqué, une coordination d’associations et de collectifs ont demandé à la société POMA de se désengager du projet d’enfouissement des déchets radioactifs.

Cette entreprise se retrouve dans les viseurs des anti nucléaires parce qu’elle est spécialisée dans la fabrication de systèmes de transport par câble et a obtenu en 2014 un contrat avec l’Andra. Son objet : construire un prototype du funiculaire qui serait utilisé pour descendre les déchets radioactifs à 500 mètres sous terre.

C’est dans un ancien hangar industriel à Froncles, une petite commune au cœur de la Haute-Marne, que POMA est en train de construire ce prototype. Pour mener à bien le chantier, l’entreprise a également obtenu 900.000 euros du GIP, le groupement d’intérêt public qui abonde la région avec l’argent de la filière nucléaire depuis maintenant plus de vingt ans.

Pas de funiculaire, pas de Cigeo

Les associations écologistes voient dans ce funiculaire « un enjeu prioritaire » : « Il s’agit d’une pièce maîtresse pour l’Andra. Elle est incontournable. Pas de funiculaire, pas de Cigeo »,écrivent-elles dans leur communiqué. Elles invitent leurs militants à interpeller la société via les réseaux sociaux, par téléphone ou en direct.

Rendez visible, partout où POMA est implantée, sa caution et sa collaboration dans l’enfouissement des déchets radioactifs

En parallèle,un nouveau site Interneta été créé pour appeler à « des actions décentralisées ». Les auteurs du sites, anonymes, assument une position plus offensive et appellent même au sabotage. « De l’action symbolique, à l’action directe, de la pédagogie à l’intimidation, c’est par la répétition et la diversité que nous les ferons plier », écrivent-ils.

Il semblerait qu’ils aient déjà été entendus. Le site savoyard de POMA à Gilly-sur-Isère a été pris pour cible et tagué dans la nuit de dimanche à lundi 30 novembre. Souvent présentée par la presse comme « une pépite » et « une réussite française »,, l’entreprise POMA pourrait mal vivre sa collaboration avec l’Andra. « Dossier ultrasensible, Cigeo vient troubler quelque peu la sérénité de Poma », note France Bleu.

Jean Souchal, le PDG de Poma, a d’ailleurs réagi publiquement : « On a le droit de ne pas être d’accord et de s’exprimer démocratiquement, a-t-il déclaré sur France bleu, mais là ce n’est pas le cas et ce n’est pas acceptable ».

Le PDG a rappelé les raisons qui ont poussé POMA a se positionner sur cet appel d’offre. POMA, le leader dans le secteur et le transport par funiculaire, est considéré par l’Andra comme le plus sûr. L’entreprise n’a cependant pas vocation à se reconvertir dans le nucléaire, a-t-il assuré. Si Jean Souchal se doutait qu’il y aurait des réactions il n’imaginait pas qu’elles prennent cette envergure a-t-il également confié à France bleu.

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