La France prête à faire reculer l’UE sur ses objectifs de neutralité carbone
Le bâtiment abritant le siège de la Commission européenne, à Bruxelles. - Wikimedia Commons / CC BY 2.0 / Fred Romero
Le bâtiment abritant le siège de la Commission européenne, à Bruxelles. - Wikimedia Commons / CC BY 2.0 / Fred Romero
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La France s’apprête à relancer un débat stratégique sur l’avenir climatique de l’Union européenne, jeudi 26 juin à l’ouverture du Conseil européen à Bruxelles. Selon Le Monde et Contexte (via sa newsletter), Emmanuel Macron entend profiter du dîner consacré à la compétitivité pour soulever un sujet pourtant absent de l’agenda officiel : l’objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, proposé par la Commission européenne. Une étape clé vers la neutralité carbone en 2050 que Paris, pour l’heure, ne soutient pas.
En ligne de mire : la crainte d’un décrochage économique de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine. L’Élysée plaide pour une « trajectoire pragmatique », selon un proche d’Emmanuel Macron cité par Le Monde, et demande à la Commission, qui doit formaliser sa proposition le 2 juillet, de veiller à ce qu’elle ne nuise pas à la compétitivité industrielle. Cette posture, partagée par la Pologne et plusieurs pays d’Europe centrale, fragilise la perspective d’un consensus ambitieux.
La France entend rouvrir un autre front : la reconnaissance du nucléaire comme énergie décarbonée à part entière dans les futurs objectifs énergétiques. Elle souhaite que les textes à venir le mettent sur un pied d’égalité avec l’éolien et le solaire. Jusqu’ici, la Commission s’y est opposée, soutenue par l’Allemagne, farouchement antinucléaire, même si la récente arrivée au pouvoir du conservateur Friedrich Merz pourrait rebattre les cartes.
Ce repositionnement français, qui survient dans un contexte post-électoral tendu et alors que l’extrême droite progresse dans plusieurs États membres, pourrait encore infléchir la direction du Pacte vert. En désacralisant l’échéance 2040, Paris donne du poids aux pays les plus sceptiques sur le climat et menace de fragiliser la position de l’UE à la COP de Belém (Brésil), en novembre.