La Nuit Debout placée sous pression policière

Durée de lecture : 3 minutes

12 avril 2016 / Hervé Kempf et Lorène Lavocat (Reporterre)

Les pouvoirs augmentent la pression sur le mouvement. La place de la République est entourée de forces de l’ordre. Les gendarmes ont même vidé une marmite de soupe destinée à la cantine.... Nuit Debout va devoir trouver un nouveau souffle.

- Paris, place de la République, reportage

18h, lundi 11 avril, la place de la République a été remise à nu par la Mairie de Paris. Plus de jardin éphémère, fini les tentes colorées en palette. Les stands de saucisses ont été remplacés par les véhicules policiers. Les manifestants affluent lentement, interloqués par l’imposant dispositif de répression. La place est encerclée par une trentaine de camions bleus et blancs. CRS, policiers et gendarmes patrouillent autour de la statue de Marianne. "Toute la journée, ils ont empêché les regroupements", s’insurge un étudiant. La tension est palpable, même si les commissions s’installent aux quatre coins de la place et lancent les débats. Sous une des bâches réinstallées à la va-vite, Clémence se tient avec une pancarte "accueil info". Elle rassure les nouveaux arrivants : "Oui, l’assemblée générale aura bien lieu, nous avons l’autorisation de la préfecture jusqu’à minuit". D’après elle, la présence massive des forces de l’ordre vise avant tout à intimider le mouvement : "Ils veulent nous décourager en nous faisant craindre une évacuation forcée".

L’assemblée générale débute, plusieurs centaines de personnes se massent sur la place. Mais l’acheminement des hauts-parleurs est bloqué par un cordon de CRS. Les participants mettent en place une criée : l’interlocuteur parle, les personnes les plus proches de lui répètent son message en criant, ce qui permet à ceux du fond d’entendre le discours.

Mais, tandis qu’une étrange chorale prend ainsi forme, une foule de plus en plus nombreuse se presse près des camions, au rythme d’un « Libérez la sono ! » tonitruant. Les gendarmes empêchent en effet une partie de la sonorisation et une simple marmite - destinée à la cantine à prix libre qui a déjà pu s’installer - de parvenir sur la place. La foule se forme, et presse les gendarmes. La mêlée est confuse, mais sans violence. Finalement, marmite et sono peuvent parvenir sur la place.

L’objectif de la police : empêcher une marmite vide de passer

L’AG se poursuit, très centrée sur la question des rapports avec la police. Mais à l’autre bout de la place, un autre attroupement se forme. Des gendarmes se saisissent d’une marmite de soupe... et la vident dans un soupirail.

Cette guerre dérisoire n’empêche pas la foule d’être, encore une fois très nombreuse.

Plus de deux mille personnes lundi soir, à l’A.G. mais aussi sur le reste de la place

Malgré la foule, toujours très compacte, malgré l’effervescence sans cesse renouvelée, cette soirée de mobilisation parisienne se déroule dans un climat moins festif et plus tendu. Mais la semaine s’annonce déjà bien chargée : des actions sont prévues tous les jours, notamment en banlieues.

Mardi soir de nouveau, la Nuit debout devait continuer place de la République. Malgré la police.


Pour suivre le mouvement Nuit debout :

- Nuit Debout sur Internet : les liens, les adresses

- Le dossier de Reporterre sur Nuit debout


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Lire aussi : La Nuit Debout veut s’élargir aux classes populaires et aux banlieues

Source : Hervé Kempf et Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos :
. échauffourée avec police : © Hervé Kempf/Reporterre
. soupe vidée : @nuitdebout
. chapo et AG : © Lorène Lavocat/Reporterre

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