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En bref — Nature

La nature n’est protégée que si elle rapporte de l’argent, observe le nouveau rapport de l’IPBES

Opération de terrassement pour la réouverture d’un ancien bras du Rhône, en octobre 2021.

Englués dans une vision productiviste, nos politiques ne protègent pas bien la nature. C’est — en substance — ce que montre le nouveau rapport de l’IPBES [1], le « Giec de la biodiversité », publié ce lundi 11 juillet. Réalisée par 82 scientifiques internationaux, cette évaluation « sur les valeurs de la nature » est le fruit de quatre années d’étude.

Les experts ont constaté que « les décisions économiques et politiques ont surtout donné la priorité à certaines valeurs de la nature, en particulier les valeurs instrumentales de la nature basées sur le marché, telles que celles associées aux aliments produits de manière intensive ». À l’inverse, certains services — plus indirects — que nous rend la nature, comme la régulation du climat ou le sentiment d’appartenance culturelle, sont très mal pris en compte par les décideurs.

Cette approche très marchande de la nature — où celle-ci n’est considérée et donc protégée que si elle génère des revenus — a des conséquences très concrètes, selon Patricia Balvanera, coautrice du rapport : « Un projet de développement peut générer des avantages économiques et des emplois, pour lesquels les valeurs instrumentales de la nature peuvent être évaluées, mais il peut également entraîner la disparition d’espèces et la destruction de sites patrimoniaux importants pour l’identité culturelle », a-t-elle expliqué dans un communiqué.

« La biodiversité se perd et les services que la nature rend aux populations se dégradent plus rapidement aujourd’hui qu’à tout autre moment de l’histoire de l’humanité, a déclaré Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES. Cela est dû en grande partie au fait que notre approche actuelle des décisions politiques et économiques ne tient pas suffisamment compte de la diversité des valeurs de la nature. » Les experts invitent ainsi à redéfinir les concepts de « développement », de « qualité de vie », afin de mieux prendre en compte la nature dans sa globalité. Ils proposent aussi de renforcer et d’élargir le champ des études d’impact environnemental, pour prendre en compte les multiples services rendus par les écosystèmes.

Ce rapport intervient quelques mois avant la COP15 sur la biodiversité, qui doit permettre la conclusion d’un accord international pour protéger le vivant.

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