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Laurent Pinatel et quatre paysans toujours en garde-à-vue

Durée de lecture : 3 minutes

29 mai 2014 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Les gardes-à-vue des cinq militants de la Confédération paysanne, dont le porte-parole Laurent Pinatel, sont prolongées. Des rassemblements de soutien s’organisent dans plusieurs départements, pour réclamer leur libération.


« Libérez nos camarades ! » Les cris des militants de la Confédération paysanne résonnent dans les rues d’Abbeville et d’Amiens ce matin. « Tous nos efforts sont mobilisés », dit Mikel Hiribarren, membre du syndicat. En colère, il dénonce « une tentative de répression syndicale, d’intimidation et de punition. On ne se croit plus en démocratie ! »

- La veille devant la gendarmerie d’Abbeville -

Tous expriment leur choc après la violence de l’interpellation du porte-parole hier soir : « Il a été traité comme un terroriste, c’est complètement disproportionné. » Une réponse policière et judiciaire démesurée, c’est également l’avis de Maître Djamila Berriah, l’avocate de Laurent Pinatel : « L’arrestation était très musclée, il a été considéré comme un chien. » Un médecin a d’ailleurs constaté des contusions au poignet et à l’épaule.

Laurent Pinatel est accusé de recel aggravé et vol, pour avoir volontairement détenu des pièces de la salle de traite de la ferme-usine.

- Manifestation de soutien à Amiens -

De son côté, l’entreprise Ramery, qui finance le projet d’exploitation, a annoncé qu’elle avait porté plainte. « La Confédération paysanne s’est introduite illégalement sur le chantier, pour non pas y démonter mais bel et bien y saccager la salle de traite », affirme Véronique Vétaux, chargée de la communication de Ramery.

L’entreprise publie un communiqué, envoyé à Reporterre : "Victime d’une nouvelle attaque de la Confédération Paysanne, la ferme dite des mille vaches tient à rétablir les faits.

"Ce matin à l’aube la confédération paysanne s’est une nouvelle fois introduite illégalement sur le chantier de la ferme dite des 1000 vaches de Drucat (80), pour non pas y démonter mais bel et bien y saccager la salle de traite. Les dégâts sont en cours d’évaluation et dépasseront vraisemblablement les 100 000 €. Le porteur du projet se félicite de la réaction des pouvoirs publics qui ont mis en garde à vue 4 personnes ayant participé à ces exactions, d’ailleurs il a d’ores et déjà porté plainte contre les auteurs de ces faits.

"La confédération paysanne reproche à ce projet alors même qu’il n’est pas encore en exploitation de mettre à mal la filière laitière française. A ce stade, il suffit de rappeler que selon les sources du ministère de l’agriculture, 37 % des exploitations laitières françaises ont disparu entre 2000 et 2013".

Libération ou comparution immédiate... A 14h, aucune option judiciaire n’était encore écartée. Alors que l’attente se prolonge devant les gendarmeries d’Abbeville, où sont retenus les quatre militants, et d’Amiens, où se trouve M. Pinatel, des rassemblements s’organisent un peu partout en France à l’appel du syndicat.

Europe-Ecologie-Les-Verts ainsi que le Parti de Gauche ont exprimé leur soutien à l’action. Tous appellent à manifester ce soir à 18h devant le Palais de justice de Paris.

- Réactions de Pascal Durand, d’Europe-Ecologie-Les-Verts et de Martine Billard, du Parti de Gauche -


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Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos : Confédération paysanne

Lire aussi : Mille vaches : le récit de la journée « démontage » où l’affaire a basculé


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