Le bonus réparation ne remplit pas ses objectifs
Le fonds n’a permis de couvrir que 1,7 % des réparations (hors garanties) du parc électroménager. - Flickr/CC BY 2.0 Deed/Yutaka Tsutano
Le fonds n’a permis de couvrir que 1,7 % des réparations (hors garanties) du parc électroménager. - Flickr/CC BY 2.0 Deed/Yutaka Tsutano
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Un dispositif encore méconnu, de trop rares réparateurs labellisés, un montant insuffisant pour certains appareils… Le bonus réparation, mis en place depuis décembre 2022, montre des limites, selon Halte à l’obsolescence programmée (HOP). L’association a publié le 31 janvier une étude menée auprès de quelque 500 consommateurs et 170 réparateurs, en partenariat avec deux enseignants-chercheurs en sciences de gestion à l’ISC Paris et à AgroParisTech.
Plus d’un an après son entrée en vigueur, avec 165 000 réparations, le fonds n’a permis de couvrir que 1,7 % des réparations (hors garanties) du parc électroménager et ne concerne que 21 % des établissements de réparations de produits électroniques, constate HOP. « Nous sommes loin des objectifs fixés par l’État, à savoir augmenter de 20 % le nombre d’équipements électriques et électroniques (EEE) réparés chaque année en France, pour atteindre 12 millions d’ici à 2027. »
La défiance du côté des réparateurs
L’un des principaux freins est le manque de proximité des réparateurs labellisés. Seulement 4 consommateurs interrogés sur 10 ont pu en identifier un à une distance raisonnable de chez eux. Une majorité des répondants regrette aussi que certaines pannes courantes ne soient pas éligibles au bonus, comme les pannes logicielles d’ordinateurs ou encore les problèmes liés aux batteries (seules les batteries non amovibles des téléphones mobiles sont éligibles). Enfin, certains réclament que la maintenance (mises à jour logicielles, par exemple) soit prise en compte, comme l’achat de pièces détachées pour pouvoir réparer soi-même. Autant de demandes relayées par HOP dans ses recommandations.
Du côté des réparateurs, c’est la défiance qui prime. 80 % de ceux interrogés ne souhaitent pas se faire labelliser. Selon eux, le processus est trop coûteux, trop complexe, trop chronophage. Pourtant parmi ceux labellisés, 40 % affirment avoir observé une hausse de 1 à 5 % de leur chiffre d’affaires. Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, a promis de baisser le coût de la labellisation de 447 euros (sur trois ans) à 200 euros, de réduire les délais d’instruction des dossiers de labellisation et de rembourser en moins de deux semaines l’avance du bonus faite par les réparateurs aux consommateurs. « Il s’agit désormais de tenir les promesses et de soutenir les artisanes », insiste HOP.