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Libertés

Le gouvernement abandonne la grenade Gli F4 au profit d’une autre grenade elle aussi dangereuse

Dimanche 26 janvier, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé le retrait d’une grenade de désencerclement explosive utilisée par les forces de l’ordre, la GLI F4, accusée d’avoir provoqué de nombreuses blessures parmi les manifestants.

Sur France 3, le ministre a déclaré : « Elles n’ont pas de couleur, elles n’ont pas un signalement spécifique et il est arrivé, il y a plusieurs mois, que des policiers soient obligés de les utiliser pour se désengager d’une menace et que des manifestants les prenant volontairement en main se blessent grièvement. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il nous faut retirer les GLI-F4 ».

Cette grenade est une spécificité française. Selon le Défenseur des droits, « la France est le seul pays d’Europe à continuer d’employer des munitions explosives ». Cette grenade a plusieurs effets : elle produit une forte détonation, du souffle et des lacrymogènes. Sa dangerosité est liée aux explosifs qu’elle contient (26 grammes de TNT). En avril 2019, des avocats ont formé un recours au Conseil d’Etat pour demander le retrait de cette grenade.

Reporterre a consacré plusieurs articles sur le sujet et a rencontré des militants blessés par cette « arme de guerre ». En août 2017, à Bure lors d’une manifestation, Robin avait eu son pied déchiré par cette grenade offensive. Il en subit toujours les séquelles. Lors de l’évacuation des opposants à Notre-Dame-des-Landes, en 2018, les forces de l’ordre avait également largement usé de cette grenade. Un jeune étudiant avait perdu une main, et notre journaliste Marie Astier avait été blessée par des éclats. Selon le journaliste David Dufresne, au cours de la mobilisation des Gilets jaunes, la GLI F4 a blessé 33 personnes et arraché 5 mains.

Pour plusieurs collectifs mobilisés contre l’usage de cette grenade, le retrait annoncé dimanche 26 janvier par le gouvernement est en réalité « un coups médiatique ». Son remplacement avait, en fait, déjà été prévu par les autorités françaises : la grenade GM2L, à usage semblable mais sans explosif ni effet de souffle, devait progressivement venir équiper les forces de l’ordre à la place de la GLI-F4. La GM2L est tout de même classée comme arme de catégorie A2 et donc comme « matériel de guerre ».

• Complément d’information : Rapport d’Alsetex comparant GLI F4 et GM2L. En téléchargement :
Rapport Alsetex sur GLI F4 et GM2L- janvier 2018

  • Source : Reporterre
  • Photo : Taranis News

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