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En brefÉconomie

Le gouvernement veut faire de la loi anti-fast-fashion une coquille vide

En supprimant le montant fixe des pénalités financières prévu par la loi, les sénateurs la rendraient inopérante pour lutter contre les dérives de la fast-fashion.

Encore un recul infligé à la proposition de loi anti-fast-fashion. Cette fois, il ne vient pas du Sénat, mais du gouvernement. Alors que le texte, voté il y a plus d’un an à l’unanimité par les députés, doit être examiné par les sénateurs les 2 et 3 juin, le gouvernement a déposé le 28 mai un amendement qui supprime le montant des pénalités financières pour les marques de fast-fashion.

Alors que, dans la version adoptée par les députés, la pénalité basée sur l’affichage environnemental d’un vêtement était progressive (de 5 euros par produit en 2025 à 6 euros en 2026, puis 10 euros en 2030), le gouvernement veut renvoyer à l’éco-organisme Refashion le soin de fixer ces pénalités. Sauf que ce dernier n’a pour l’instant jamais établi de pénalités supérieures à 0,09 euro.

Recul face au lobbying de Shein

« Le montant élevé de ces pénalités est pourtant essentiel » pour réguler et contrer le modèle de la fast-fashion, délétère à la fois pour les droits humains et l’environnement, rappelle la coalition Stop fast-fashion, à laquelle participent notamment Les Amis de la Terre et Emmaüs France.

Difficile de ne pas voir dans ce recul un lien avec le lobbying renforcé de la part du géant chinois Shein ces derniers jours : « La marque a massivement envoyé au Sénat une étude d’impact dénonçant la hausse potentielle des prix des vêtements les plus polluants », selon la coalition Stop fast-fashion.

Si cet amendement gouvernemental venait à être adopté, la loi deviendrait une coquille vide à laquelle même les marques d’ultra-fast-fashion échapperaient, alertent les associations.

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