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En brefCOP28

Le président de la COP28 ne recule pas vraiment sur les énergies fossiles

Sultan Al Jaber lors de la COP28 à Dubaï, le 2 décembre 2023.

Les conseillers en communication ont rapidement réagi. Quelques heures après la publication de la vidéo polémique montrant les propos frisant le déni clmatique du président de la COP, une conférence de presse était convoquée, le 4 décembre dans la matinée. À la tribune : le président de la COP28 Sultan Al Jaber, l’air contrit, flanqué du nouveau président du Giec [1], Jim Skea.

Dans un vif échange vidéo avec Mary Robinson, l’ex-présidente de l’Irlande, le responsable émirati avait estimé qu’il n’y avait aucune preuve scientifique ni aucun scénario obligeant à sortir des énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone. Une opinion totalement contredite par le troisième tome du sixième rapport d’évaluation du Giec.

Sultan Al Jaber aurait dû faire amende honorable. Cela lui a été difficile. À de nombreuses reprises, celui qui préside aussi la compagnie pétrolière Adnoc, a rappelé son attachement à la science. « Je suis ingénieur et économiste de formation. C’est la science qui a guidé ma carrière », a plaidé celui qui est aussi patron de Masdar, l’entité proénergies renouvelables des Émirats.

Le pétrolier et le climatologue

Du bout des lèvres, il a reconnu qu’il sera indispensable de réduire de 43 % d’ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre si l’on veut stabiliser le réchauffement à +1,5 °C. « Cela représente une économie d’émission de 22 gigatonnes de CO2 », a-t-il calculé. Pour autant, malgré les questions des journalistes, il n’a pas évoqué la responsabilité des énergies fossiles dans le renforcement de l’effet de serre. Ni le besoin de s’en passer pour stopper la montée des températures.

Les pendules ont été remises à l’heure par Jim Skea. Appelé à donner la version des scientifiques, le professeur d’énergie durable à l’Imperial College de Londres a été bref. « Atteindre l’objectif du 1,5 °C [le plus ambitieux des buts fixés par l’Accord de Paris] oblige à sortir des énergies fossiles. Concrètement, cela signifie qu’il faut réduire de 60 % la consommation mondiale de pétrole d’ici à 2050 et de 70 % celle de gaz naturel », a rappelé le président du Giec.

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