Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

En bref — Énergie

Les banques versent des milliards au charbon

Une excavatrice dans la mine de Garzweiler, près de Cologne, en mai 2021.

Les grandes banques internationales continuent de financer abondamment l’industrie du charbon. C’est la principale conclusion d’une recherche menée par vingt-huit ONG, dont Reclaim Finance, Les Amis de la Terre France et Urgewald.

Ces organisations ont analysé les financements et investissements accordés aux 1 031 entreprises de l’industrie du charbon listées sur la Global Coal Exit List (GCEL). Elles ont détecté 1 200 milliards de dollars d’investissements à la date de novembre 2021 et 1 500 milliards de dollars de financements versés, sous la forme de prêts et d’émissions d’actions et d’obligations, à l’industrie du charbon entre janvier 2019 et novembre 2021.

Plus de 80 % des financements et des investissements proviennent d’institutions financières de six pays uniquement : les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Inde, le Canada et le Royaume-Uni. À elles seules, une douzaine de banques et deux douzaines d’investisseurs sont responsables de près de la moitié des prêts et investissements à l’industrie du charbon.

« On retrouve de nombreux membres des alliances pour la neutralité carbone parmi les plus gros financeurs et investisseurs du secteur », a dénoncé Katrin Ganswindt, responsable de la recherche financière à Urgewald, dans un communiqué.

Reclaim Finance a scruté les transactions de la branche de financement du groupe français Crédit agricole, Cacib, la première grande banque au monde à exclure les développeurs de charbon et à demander un plan de sortie du secteur aux entreprises qu’elle finance. L’ONG a compilé ses résultats dans une note, qui montre que, trois ans plus tard, la banque continue de financer des entreprises qui développent activement de nouvelles mines et centrales à charbon à travers le monde.

« Les promesses n’engagent que ceux qui les croient et Crédit agricole nous donne une triste illustration de cet adage avec plusieurs transactions à des entreprises comme Glencore ou Marubeni qui non seulement n’ont pas de plan de sortie répondant aux objectifs que s’est fixés le groupe financier, mais développent encore en 2022 de nouveaux projets dans le charbon », a regretté Yann Louvel, analyste des politiques adoptées par les acteurs financiers à Reclaim Finance, dans le même communiqué.

« La place financière de Paris a voulu démontrer sa capacité à s’autoréguler, mais c’est un échec, a-t-il poursuivi. Cet épisode démontre le besoin de régulation et nous appelons les candidats à la présidentielle à s’engager à enfin encadrer la finance. »

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende