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Les enfants, des victimes de la crise écologique à protéger en urgence

Des enfants du camp de réfugiés d'Idlib, en Syrie, sous les eaux.

Les enfants sont les premières victimes du changement climatique, explique un rapport de la Défenseure des droits. Des mesures urgentes sont à mettre en place pour les protéger.

Les enfants sont les premières victimes de la crise écologique. C’est ce qu’explique un rapport présenté le 20 novembre par la Défenseure des droits, Claire Hédon, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.

Il met en lumière une urgence grandissante : le droit des enfants à un environnement sain, menacé par le dérèglement climatique. Reposant sur des auditions d’experts et des entretiens de 3 400 enfants âgés de 2 à 22 ans, il formule des recommandations à l’attention des pouvoirs publics.

« Le changement climatique nous rend malades », avertit Claire Hédon, reprenant les mots de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Particulièrement les enfants nés en 2020, qui connaîtront sept fois plus de catastrophes environnementales que leurs grands-parents, ajoute la Défenseure des droits, utilisant des données sur l’Unicef.

Une double vulnérabilité : biologique et sociale

Les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables face au réchauffement climatique en raison de leurs spécificités biologiques et de leur moindre capacité d’adaptation, explique d’abord le rapport. Proportionnellement à leur poids, ils respirent davantage d’air que les adultes, ce qui les expose plus fortement à la pollution atmosphérique, d’autant plus que leur petite taille les place à proximité des polluants concentrés près du sol. Leurs systèmes immunitaire et respiratoire, encore en développement, accentue cette fragilité, les rendant particulièrement sensibles aux effets de la pollution.

Par ailleurs, « lorsque les vagues de chaleur se prolongent au-delà de sept jours, les passages aux urgences augmentent de 15 % chez les enfants », selon le rapport, en raison de la difficulté de leur organisme à réguler leur température interne. Les conséquences peuvent être graves, « voire même être mortelles, pour les personnes les plus fragiles ».

Les inégalités sociales aggravent ces vulnérabilités, poursuit le document. Les enfants issus de milieux précaires, souvent éloignés d’un accès à la nature ou à des soins adéquats, souffrent plus gravement. « Dans la banlieue, la nature est loin. Pour nous, aller à la montagne est un luxe », exprime un jeune interrogé par la Défenseure des droits.

Pollution : une menace majeure

Chaque année, la pollution environnementale cause 1,7 million de décès parmi les enfants de moins de 5 ans dans le monde, rapporte encore l’épais dossier de 70 pages. L’air pollué favorise les maladies respiratoires et pourrait perturber le développement cognitif dès la grossesse.

Les pesticides, comme le glyphosate, classé cancérigène par l’OMS et omniprésent, exposent les enfants à des pathologies graves, notamment des cancers. Le cas d’Emmy, décédée en raison de l’exposition professionnelle de sa mère fleuriste à des pesticides, illustre cette tragédie.

Lire aussi : Le combat de la mère d’Emmy, fillette morte d’un cancer lié aux pesticides

Les conséquences sont dramatiques, constatent les auteurs : en Martinique et en Guadeloupe, l’usage massif du chlordécone a laissé des séquelles intergénérationnelles, allant de troubles du développement à une hausse des cancers. Le rapport insiste sur la nécessité de normes toxicologiques spécifiques aux enfants, actuellement basées sur des données adultes.

Des mesures urgentes

Les vagues de chaleur perturbent également l’accès à l’éducation. En France, selon les estimations, d’ici 2030, près de 7 000 écoles maternelles seront exposées à des vagues de chaleur dépassant 35 °C, décrites comme de véritables « bouilloires thermiques » par Claire Hédon. Dans les Antilles, cyclones et vagues de chaleur entraînent une perte de 20 % des heures de classe chaque année, équivalant à une année scolaire entière au cours du cycle primaire.

Cette réalité appelle à des actions immédiates et concrètes. Réduire la pollution de l’air, par exemple, en piétonnisant les abords des écoles pourrait diminuer les niveaux de pollution jusqu’à 30 %. Claire Hédon propose aussi d’adapter les infrastructures éducatives : de rénover les établissements scolaires pour les rendre résistants aux vagues de chaleur, et de réviser les calendriers scolaires en fonction des particularités climatiques régionales. Enfin, pour prévenir les expositions toxiques, il est crucial de développer des consultations prénatales dédiées et de sensibiliser.

« On est comme les scientifiques,
pas assez écoutés »

Claire Hédon souligne que les enfants doivent être écoutés et intégrés aux débats environnementaux. « On est comme les scientifiques, pas assez écoutés », déplore un jeune interrogé dans le rapport. Leur sensibilisation dès l’école et leur implication dans les discussions politiques sont essentielles pour bâtir une réponse collective face à la crise climatique.

Le rapport trace des pistes claires. Il revient toutefois au gouvernement de transformer ces recommandations en actions concrètes, rappelle Claire Hédon : « Nous avons fait notre travail, désormais, c’est au gouvernement de s’en emparer. »

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