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Agriculture

Les sénateurs ont voté en faveur du retour temporaire des néonicotinoïdes

Dans la nuit de mardi 27 octobre à mercredi 28 octobre, le Sénat (à majorité de droite) a voté en faveur du projet de loi permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, pour venir soutenir la filière betteravière. Le projet de loi a été adopté en première lecture par 184 voix pour, 128 contre et 28 abstentions.

L’Assemblée nationale avait également donné son aval le 6 octobre. Les députés et les sénateurs devraient donc pouvoir se mettre d’accord sur un texte commun en commission mixte paritaire, en vue d’une adoption définitive rapide.

Depuis le début de l’été, les betteraviers ont vu certaines de leurs cultures ravagées par le virus de la jaunisse. Ils plaident pour un retour des néonicotinoïdes, ces insecticides « tueurs d’abeilles », interdits en France depuis 2018.

La mobilisation pour empêcher le retour des néonicotinoïdes se poursuit. Le 26 octobre, le Syndicat des apiculteurs d’Occitanie et Les Faucheurs volontaires d’OGM se sont mobilisés en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne « pour dénoncer l’industrie mortifère des pesticides ». Ils ont manifesté devant les sièges locaux de firmes agrochimiques — Bayer-Monsanto, BASF et Syngenta — avec un « cheval de Troie » symbolisant l’actuel débat sur la réautorisation des néonicotinoïdes sur la seule betterave : selon eux, cette loi, si elle est adoptée, permettra aux firmes d’obtenir une réautorisation générale des néonicotinoïdes.

Par courriel envoyé à Reporterre, une chercheuse en sciences environnementales — souhaitant rester anonyme — a également exhorté les sénateurs à voter contre ce projet de loi controversé :

Ce n’est pas les agriculteurs que l’on tient à sauver mais bien la filière. Du sucre, du sucre, du sucre ! (…) Cet argument d’une souveraineté alimentaire reposant sur le sucre ne tient tout simplement pas la route. Mangez cinq fruits et légumes par jour. Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé. Tels des enfants en pleine crise du non, le gouvernement et l’Assemblée nationale ont décidé de sauver les Carambar et de bazarder les pommes. Et oui, 75 % de ce que nous mangeons, en majorité des fruits et légumes, dépendent des pollinisateurs. Après être sortis du couloir de la mort grâce à la loi de 2016, les 25 % qui ont survécu à un déclin vertigineux ces 20 dernières années vont de nouveaux être empoisonnés. S’ils tombent, nous tombons avec. 25 raffineries contre les 335 millions de fruits et légumes dont nous avons besoin chaque jour pour vivre sainement, pour vivre tout court. On se demande vraiment comment avec une logique aussi viciée, on serait capable de défendre quoi que ce soit de raisonnable au Parlement européen.

Mesdames et Messieurs les Sénatrices et Sénateurs, vos oreilles bourdonnent peut-être mais votre ventre est plein ; il l’a été toute votre vie. Pesez bien votre décision. Car vos petits-enfants pourraient bien ne jamais savoir ce que cela veut dire. »

  • Source : Reporterre
  • Photo : Syndicat des apiculteurs d’Occitanie et Faucheurs volontaires d’OGM

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