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En brefTransports

Les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne en sursis

L'État reproche aux compagnies de ne pas avoir honoré leurs engagements sur la fréquence des lignes de train Paris-Berlin et Paris-Vienne.

S’endormir à Paris pour se réveiller à Vienne ou Berlin ne sera bientôt plus possible. D’après les informations du Monde — que n’ont pour l’instant confirmé ni le ministère des Transports, ni la SNCF —, les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne vivent leurs dernières heures, victimes des coupes budgétaires et de l’arrêt des aides financières du ministère. Ces deux liaisons, empruntées par environ 60 000 passagers en 2024, devraient s’arrêter le 12 décembre.

Comme les autres trains de nuit, les Intercités et les TER, ces deux lignes sont déficitaires, détaille le quotidien du soir. Notamment car ils ne peuvent rouler qu’une fois par jour, et avec moins de personnes à bord qu’un TGV. Le gouvernement avait compensé en accordant une aide au démarrage de 5 à 10 millions d’euros, renouvelable deux fois, comme le permet le droit européen. Elle l’a été en 2024, mais ne le sera pas en 2025. Les services de l’État reprochent aux compagnies ferroviaires de ne pas avoir tenu leur promesse de proposer un aller-retour quotidien — seuls trois allers-retours hebdomadaires sont disponibles.

Appel à réguler la compétition avec l’avion

Le train de nuit est pourtant un mode de transport prometteur, soulignait un récent rapport du Réseau Action Climat. En 2024, le train de nuit a dépassé le million de passagers transportés en France, soit 26 % de plus qu’en 2023 et 130 % de mieux qu’en 2019. L’ONG rappelait que, sur les 10 principales liaisons aériennes de France vers l’Europe, au moins 6 pourraient se faire en train de nuit : de Paris à Madrid, Barcelone, Venise, Milan et Rome, ainsi que le Nice-Londres. Une liaison quotidienne en TGV existe également entre Paris et Berlin depuis décembre 2024.

Dans un communiqué, l’association Oui au train de nuit dénonce un abandon « inacceptable ». Elle pointe également du doigt l’Union européenne, « qui complique l’attribution de subventions d’équilibre pour les trains internationaux », sans parvenir, en parallèle, à « réguler la compétition avec le concurrent frontal des trains de nuit : l’avion ». Ce mode de transport polluant, rappelle-t-elle, bénéfice de niches fiscales assimilables à des « subventions cachées » de 30 à 40 euros par billet.

Un rassemblement en soutien à aux lignes menacées est prévu à la gare de l’Est, à Paris, vendredi 26 septembre 2025 à 18 heures.

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