Le ministre de l’Agriculture réduit à 0,75 % les zones humides protégées
Les tourbières (ici celle de Bellefontaine, la tourbière la plus protégée de Franche-Comté) sont des alliées du climat et des refuges pour la biodiversité. - © Jean-Philippe Delobelle / Biosphoto via AFP
Les tourbières (ici celle de Bellefontaine, la tourbière la plus protégée de Franche-Comté) sont des alliées du climat et des refuges pour la biodiversité. - © Jean-Philippe Delobelle / Biosphoto via AFP
Durée de lecture : 1 minute
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a gagné. Le gouvernement démissionnaire français a décidé de limiter l’application des nouvelles règles de protection des tourbières et des zones humides agricoles à moins de 1 % de la surface agricole. Il accède ainsi aux demandes de la FNSEA qui assurait en janvier (à tort) que l’interdiction des drainages allait toucher 30 % de la surface agricole utile de la France.
La mise en place de la « bonne condition agroenvironnementale » sur les tourbières et zones humides (BCAE2) est l’une des conditions pour bénéficier des aides de la politique agricole commune (PAC) qui interdit le drainage des tourbières dans les zones protégées. L’objectif : préserver les zones humides, essentielles pour la régulation de l’eau et la lutte contre le changement climatique. Toutefois, la cartographie retenue par le ministère de l’Agriculture se limite aux sites labellisés Ramsar et couvre 0,75 % des terres agricoles.
Les ONG environnementales et gestionnaires d’espaces naturels craignent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. « Cette décision mettrait à bas des décennies d’effort de préservation des zones humides », explique Michel Delmas, président de la Conférence des aires protégées, instance consultative regroupant une vingtaine de réseaux. Il avait adressé un courrier aux ministres Marc Fesneau et Christophe Béchu pour évoquer son indignation fin août 2024.
Toutefois, rien n’est définitif puisque le gouvernement doit encore obtenir l’accord de la Commission européenne qui consultera les modifications de son plan stratégique national. Un nouveau dossier pour le gouvernement de Michel Barnier.