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Luttes

Marche du 5 mai : des Nuit debout demandent au Cortège de tête d’éviter la violence

Des personnes qui s’étaient activement impliquées dans Nuit debout, et qui s’impliquent dans l’organisation de la manifestation qui aura lieu samedi 5 mai pour faire sa « fête à Macron » ont écrit un texte s’adressant à celles à et ceux qui participent au dit « cortège de tête ». Le voici :

« La fête à Macron ne sera ni une kermesse ni la marche d’un parti

Nous sommes des animatrices et animateurs du comité d’organisation de la « Fête à Macron », comme nous étions hier des nuit-deboutistes actifs, mais écrivons ce court texte en notre nom propre pour nous adresser à vous, lecteurs de Paris-Luttes.info, ami.e.s et camarades. Ce qui nous anime, c’est la convergence des luttes, c’est l’ouverture d’espaces publics, dans la rue ou sur les places où l’on puisse se rencontrer, dialoguer et prendre conscience de ce qui nous unit. Nous sommes politiques, nous sommes militants, nous sommes anticapitalistes.

Depuis 2016, nous sommes solidaires du cortège de tête. Nous avons écouté les débats durant Nuit debout sur la nécessité de concentrer nos énergies sur l’ennemi commun. Nous avons subi la violence policière, nous nous sommes équipés pour continuer à manifester avec plus de sécurité. Nous acceptons les divergences de pratiques car - la Zad en a fait la démonstration - nous reconnaissons leur complémentarité lorsque cela est fait dans un esprit stratégique et coordonné. Nous sommes pour l’autogestion et l’esprit initiative, et contre les formes de leadership charismatique, et plus encore lorsque ces traits ne seraient prêtés qu’aux « grands hommes ».

Nous participons en tant que militants, ni encartés ni syndiqués, à l’organisation du 5 mai et y avons toute notre place. Quoi que les médias en disent, c’est bien cette dynamique d’union qui nous a séduits et à laquelle nous avons travaillé d’arrache-pied un mois durant. Nous n’organisons ni une kermesse ni la marche d’un parti. Nous ne décrétons pas la convergence : nous travaillons à offrir un cadre pour tenter de renouveler ces marches dont l’ennui et l’inefficacité politique nous ont poussés au débordement.

Mais, société du spectacle oblige, le Black Bloc prend médiatiquement le pas sur les autres modes d’actions. Si cela se produisait le 5, nous craignons que les luttes que nous ferons apparaître en tête de notre cortège « pot-au-feu » soient invisibilisées, que nos armes, l’humour et la dérision soient neutralisés. Nous refusons que la violence répressive s’ajoute à la violence sociale et physique que vivent déjà les personnes qui formeront, à notre demande, le carré de tête (gens des luttes, grévistes, chômeurs, sans domiciles, sans papiers...).

C’est pourquoi nous souhaitons que ce 5 mai soit respecté pour ce qu’il veut être. Nous avons besoin de joie, de renforcer nos liens, et aussi de solidarité avec celles et ceux qui sont en grève depuis longtemps. On est là pour soutenir le moral des troupes, prenant le pari de faire baisser le moral de nos ennemis communs. Nous aimerions pouvoir nous charger de l’animation pour cette fois et montrer qu’une troisième voie peut exister pour tous, dans un cortège débordant de créativité, irrévérencieux, debout et le poing levé.
Vous êtes tout.e.s fraternellement invité.e.s !

Bisous les licornes,

Yo, Co, Lou et Ben »

  • Source : courriel à Reporterre
  • Photo : Durant la manifestation du 1e mai 2018 à Paris (© Marion Esnault/Reporterre)

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