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Politique

Menu végétarien, train… L’État veut verdir la fonction publique

Le Premier ministre Gabriel Attal lors de la présentation du plan de transformation écologique de l’État le 28 mars 2024.

Le gouvernement a précisé le 28 mars sa feuille de route pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de 2,5 millions de fonctionnaires. Un contraste avec les mesures anti-écologiques qu’il met en place par ailleurs.

Et si l’État montrait l’exemple ? Jeudi 28 mars, à Paris, était présentée la feuille de route constituée de quinze engagements de l’administration en faveur de la transition écologique. Étaient présents Gabriel Attal ainsi que quatre autres ministres, dont Stanislas Guerini, ministre de la Fonction publique, mais aucun représentant du ministère de la Transition écologique.

Annoncé de longue date, le plan de « transformation écologique » de l’État avait été publié en janvier sous forme de circulaire, en plein remaniement gouvernemental. Il fixe une série d’objectifs comme faire baisser de 22 % les émissions gaz à effet de serre de 2,5 millions de fonctionnaires d’ici 2027, la dernière année du mandat d’Emmanuel Macron. Si le gouvernement n’a pas annoncé de nouvelles mesures, l’évènement — organisé au Muséum d’Histoire naturelle — a dressé un bilan des initiatives prises depuis deux ans.

Menus végétariens chaque jour

Parmi les engagements déjà pris, la poursuite de la formation des agents aux enjeux environnementaux. D’ici la fin de l’année, il s’agit de former 25 000 cadres (5 000 l’ont déjà été) — et de remplacer 40 % des chaudières au fioul. D’ici 2027, acheter des produits en plastique à usage unique devra être interdit et un menu végétarien devra être proposé chaque jour dans les lieux de restauration. « Notre impact peut être très fort, l’État est le premier possesseur de bureaux, le plus grand restaurateur du pays », a indiqué Stanislas Guerini. L’idée, surtout, est de montrer les efforts de l’État.

« Il faudrait généraliser la mesure à l’ensemble de la population »

Parmi les mesures du plan, certaines sont surprenantes. À commencer par la réduction de la vitesse des agents pour leurs déplacements professionnels à 110 km/h sur l’autoroute. Cette baisse avait été proposée par la Convention citoyenne sur le climat en 2020 pour l’ensemble de la population mais l’idée avait été rejetée par l’Élysée — seules 10 % des propositions avaient d’ailleurs été finalement adoptées. « C’est très bien que l’État montre l’exemple là-dessus, ça envoie le bon message. Mais il ne faut pas en rester là, il faudrait généraliser cette mesure à l’ensemble de la population », estime Adam Forrai, secrétaire général du Lierre — « le réseau écologiste des professionnelles de l’action publique ».

Lire aussi : Face à l’inertie de l’État, des fonctionnaires s’engagent pour l’écologie

Autre disposition paradoxale : privilégier le train à l’avion pour les trajets pouvant être réalisés par voie ferroviaire en moins de quatre heures. Là encore, imposer la règle aux fonctionnaires paraît surprenant alors que les lignes aériennes intérieures ne sont toujours pas interdites, même quand il existe une courte alternative en train. Cette interdiction était censée être l’une des mesures phares de la loi Climat et Résilience promulguée en août 2021. Mais le décret d’application publié près de deux ans après contient tant de dérogations qu’il en devient inutile. Adam Forrai espère donc que cette restriction ne sera qu’une première étape avant de pouvoir s’appliquer à toute la population.

Adieu aux pesticides dans les espaces verts

Enfin, le plan engage les agents à ne plus utiliser de pesticides dans les espaces verts, bien que le gouvernement ait modifié le plan Écophyto début février pour répondre à la colère des agriculteurs. Pour Adam Forrai, « c’est difficile de faire avancer une cause d’un côté et en même temps la faire reculer ailleurs, on ne peut pas à la fois financer un comportement écologique et un comportement anti-écologique ».

Il estime tout de même qu’« il faut saluer ce plan » réclamé depuis plusieurs années, mais sans oublier le financement de la transition écologique. Alors que le rapport Pisani-Mahfouz chiffre à 66 milliards d’euros par an le montant des investissements nécessaires pour atteindre l’objectif de réduction de 55 % de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, Adam Forrai se demande comment l’État va trouver ces milliards. Encore plus lorsque l’on sait que « la transition écologique et la fonction publique sont trop souvent des variables d’ajustements dans les politiques budgétaires », à un moment où le gouvernement cherche à réduire le déficit public.

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