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En brefÉnergie

Nord Stream : les fuites de méthane dues au sabotage de 2022 revues à la hausse

Le sabotage des gazoducs russes Nord Stream en 2022 a libéré énormément de méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Les quantités, gigantesques, avaient largement été sous évaluées. D’après trois études publiées hier dans les revues Nature et Nature communications, les fuites liées au sabotage des gazoducs sous-marins Nord Stream — principale voie de transit du gaz russe vers l’Europe — en mer Baltique en 2022 ont émis dans l’atmosphère 465 000 tonnes de méthane. Soit plus du double des premières estimations.

Il s’agit de la plus importante quantité de méthane jamais émise aussi soudainement. Or, le méthane est un gaz très puissant : il induit un effet de serre 80 fois plus important que le dioxyde de carbone sur vingt ans. Pour donner un ordre de grandeur, les scientifiques estiment que ces fuites ont engendré l’équivalent d’environ 30 % des émissions annuelles de méthane anthropiques de l’Allemagne. Colossal, le volume libéré de méthane représente 0,1 % des émissions anthropiques annuelles de ce gaz.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs se sont basés sur des données atmosphériques, des images satellitaires, des observations marines et des mesures aériennes.

L’origine des explosions ayant endommagé les gazoducs russes est liée aux tensions géopolitiques exacerbées par la guerre en Ukraine. Selon le Wall Street Journal, le sabotage avait été validé au plus haut niveau à Kiev. La présidence ukrainienne avait qualifié de « non-sens absolu » sa mise en cause et accusait en retour Moscou.

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