Nous avons marché ? Eh bien agissons, maintenant !

Durée de lecture : 2 minutes

10 septembre 2018 / Hervé Kempf (Reporterre)

Les marches pour le climat de samedi ont été un stimulant succès. Mais dès lundi, le gouvernement répondait avec les gendarmes pour promouvoir un projet climaticide. La leçon est claire : il ne suffit plus de marcher, il faut s’engager contre les destructeurs et pour les alternatives.

La réponse du gouvernement à la Marche pour le climat ne s’est guère fait attendre : alors que plus de cent mille personnes en France ont défilé samedi 8 septembre pour marquer leur exigence d’une politique qui réponde à la priorité de l’époque — l’écologie —, les gendarmes ont évacué lundi matin un camp de résistance à un projet d’autoroute près de Strasbourg.

Faut-il rappeler une évidence ? Les autoroutes stimulent le trafic routier ; le trafic routier est un puissant émetteur de gaz à effet de serre ; et en France, les émissions de gaz à effet de serre dues au transport sont reparties à la hausse. Agir pour le climat implique donc d’arrêter le développement de l’automobile.

Peut-on rappeler d’autres évidences ? Un projet d’autoroute (ou de centre commercial, ou de zone industrielle, ou de parc de loisir...) bétonne des terres agricoles ou naturelles, alors que celles-ci sont devenues essentielles pour la biodiversité et pour une agriculture tournée vers l’écologie.

Tout ceci nous conduit à une troisième évidence : le gouvernement, les pouvoirs, les grandes compagnies ne changeront pas d’eux-mêmes, mais seulement sous la pression. Et il ne suffit plus de marcher — même si les défilés joyeux, pacifiques, enthousiastes de samedi ont redonné à toutes et à tous une énergie nouvelle. Il faut agir, s’engager, protester, se mettre en travers de la poussée dévastatrice qui continue sous l’impulsion des Macron, de Rugy, Vinci, Société générale...

Naguère, Stéphane Hessel avait écrit un manifeste au surprenant succès : Indignez-vous ! Peu après, il avait publié Engagez-vous !, bien moins lu. C’est pourtant là l’essentiel : il faut s’engager, pas seulement s’indigner.

S’engager où ? Sur les terrains de lutte : GCO près de Strasbourg, Notre-Dame-des-Landes, toujours, Cigéo à Bure, Europacity, à Gonesse, la centrale à biomasse de Gardanne ou le projet Center Parcs à Roybon... pour ne citer que quelques-uns des terrains de protestation. Et s’engager dans toutes les alternatives, pour montrer et vivre un autre monde, avec, par exemple, le mouvement Alternatiba. S’engager aussi dans toutes les ONG et associations qui luttent pour ce monde meilleur et écologique qui est une nécessité vitale. Le choix est immense des lieux, groupes et causes où s’investir. Les mots ne suffisent plus. Agissons.


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Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Photo : Lors de la Marche pour le climat, à Paris, le 8 septembre 2018 (© Fanny Dollberg/Reporterre).

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