Plus d’un cinquième de l’océan s’est assombri en 20 ans
L'espace disponible pour la vie océanique se réduit avec la baisse de la luminosité. - Pexels / CC / Emma Li
L'espace disponible pour la vie océanique se réduit avec la baisse de la luminosité. - Pexels / CC / Emma Li
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Plus d’un cinquième de la surface océanique de la planète, soit plus de 75 millions de km2, s’est obscurcie au cours des vingt dernières années, selon une étude de chercheurs britanniques de l’université de Plymouth, publiée dans la revue Global Change Biology le 27 mai.
L’obscurcissement de l’océan signifie que sa zone photique, celle jusqu’où la lumière peut pénétrer suffisamment pour permettre la photosynthèse, souvent sur 200 mètres de profondeur, se réduit en épaisseur. Pour plus de 9 % de la surface mondiale de l’océan, soit l’équivalent de la surface de l’Afrique, précisent les chercheurs, l’obscurcissement est particulièrement prononcé, ayant réduit la zone photique de plus de 50 mètres. Et pour 2,6 % de l’océan, la perte dépasse même 100 mètres.
Concurrence accrue entre les organismes
Cette évolution inquiète les scientifiques, car elle réduit l’espace disponible pour la vie océanique, concentrée à 90 % dans la zone photique. L’assombrissement de l’océan pourrait être lié, entre autres, à un apport accru de matière organique et de sédiments près des zones côtières, causé par le ruissellement agricole et la hausse des précipitations.
Toutefois, si l’obscurcissement concerne fortement certaines zones côtières, il est aussi observé en haute mer, suggérant que d’autres facteurs interviennent, comme le réchauffement de la surface des océans et les changements dans la circulation des courants océaniques. Dans certaines zones, le phénomène inverse est aussi observé, puisque 10 % environ de la surface de l’océan s’est éclaircie au cours des vingt dernières années, selon ces mêmes travaux.
La réduction de la zone photique risque d’entraîner une migration verticale des organismes marins dans une zone plus réduite, vers la surface, entraînant une compétition accrue entre eux, avec des conséquences potentiellement graves pour les chaînes alimentaires, la pêche mondiale et les émissions de carbone liées à ces milieux, alertent les scientifiques.